Développer les services aux agriculteurs a été l’angle d’attaque de l’assemblée générale de la Fédération régionale des coopératives de matériels agricoles de l’Ouest (FR Cuma Ouest), le 8 février. Gain de temps et d’argent, les exploitants ont tout à y gagner comme les Cuma, expliquent-elles.
" Les gens cherchent de plus en plus un service et non la propriété d’un bien ", tel est le constat effectué par Jean-Luc Boursier, président de la Fédération régionale des coopératives de matériels agricoles de l’Ouest (FR Cuma Ouest), le 8 février, lors de l’assemblée générale de l’organisation. De fait, les Cuma doivent s’adapter et afficher des services de qualité pour aller au-delà de la propriété en commun de matériel agricole. D’ailleurs, une présentation de la FR Cuma Basse-Normandie montre, chiffres à l’appui, que la prestation de services est un vrai axe de développement pour les Cuma puisqu’elle entraîne gain de temps et d’argent pour l’exploitant. Dans ce sens, pour Philippe Royer, directeur de Seenergi (Contrôle laitier et conseil en élevage), " les Cuma doivent avoir l’outil digital le plus pointu, sinon ce seront les privés et les start-up qui prendront le marché ".
La valeur ajoutée un bien rare demain
De plus, Patrick Lemartinel, responsable développement marché agriculture du Crédit Agricole de Normandie,relève que " la valeur ajoutée va être rare demain dans nos exploitations. Il va falloir gratter pour la trouver et elle sera affectée à la maîtrise des risques ". Pour lui, les Cuma peuvent apporter une valeur ajoutée supplémentaire par rapport aux entreprises de travaux agricoles, celle de traiter et d’analyser des données à plusieurs. Tout cela fait dire à Jean-Luc Boursier, en fin d’assemblée générale qu' " aujourd’hui les enjeux sont énormes " pour les Cuma. Il souhaite plus de " flexibilité " de leur part des Cuma et " une plus grande ouverture ". " On ne peut pas se refermer ", martèle-t-il. Philiipe Royer a également pointé du doigt, lors de la table ronde, ce risque de " repli sur soi " des Cuma. " L’identité d’une Cuma n’a de sens qu’en allant vers l’autre ", souligne-t-il. Et cela dans un contexte où le nombre d’agriculteurs diminue à l’image du nombre de Cuma. Certains représentants cumulent plusieurs mandats et ne trouvent pas de remplaçant. " Les gens se désengagent ", observe Christophe Lambert, président de Cerfrance, le réseau de centres de gestion. La question du bénévolat est alors abordée à propos des éleveurs qui ne parviennent même plus à dégager de temps pour eux-mêmes.
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Plus assez de temps pour des mandats d’élus
" Il s’agit de professionnaliser les Cuma ", continue Jean-Luc Boursier, en déléguant la plupart des tâches sauf ce qui concerne les questions de stratégie. " Nous passons d’une aire de partenariat à une aire d’alliance et les stratégies d’alliances doivent créer de la valeur ajoutée. Il faut réinventer un modèle collectif dans lequel on va créer de la valeur dans chaque exploitation, sinon nous resterons simplement une charge ! ", a observé Philippe Royer en termes de stratégie de développement. En attendant, le chiffre d’affaires cumulé des Cuma de l’Ouest est toujours en progression en 2015 (+5,7 % par rapport à 2014, 240 millions d’euros). En 2016, Jean-Luc Bousier annonce avec précaution un chiffre d’affaires plutôt stable. Le nombre d’emplois créés qui progressait régulièrement ces dernières années (+4 %/ an) s’est stabilisé à 1 % entre 2015 et 2016. " La santé économique des Cuma est plutôt bonne, même très bonne ", souligne Jean-Luc Boursier. Pour autant, il s’agit de " porter un projet ambitieux " pour Philippe Royer afin de rester dans la course.