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Filière semences La France affiche un excédent commercial record de 228 millions d’euros

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En 2003/2004, la France a exporté pour 600 millions d’euros de semences et plants. L’excédent commercial record pour ce secteur représente 16 % de l’excédent commercial français des produits agricoles. Mais la filière est contrariée : elle craint une perte de parts de marché en raison de l’impossibilité de traiter au Gaucho et au Régent TS les semences destinées à l’export. Le ministère de l’Agriculture ne veut pas entendre ses arguments. D’autres craintes viennent de l’application de la réforme de la Pac.

Selon le Gnis, la France affiche un excédent commercial record de 228 millions d’euros (ME) en 2003/2004 sur le marché des semences et plants, soit 4 % de plus que le solde précédent. Les exportations progressent de 6 % à 600 ME. Les importations augmentent de 7 % pour atteindre 372 ME. Le maïs représente 46 % des exportations totales, suivi des potagères et florales (24 %) et des betteraves (11 %). 80 % des exportations totales de semences se font à destination des pays de l’UE à 25. L’Allemagne est le plus gros client. Depuis trois campagnes, les exportations vers les nouveaux Etats membres progressent notamment vers la Pologne, la Hongrie et la République tchèque. Le Gnis souligne que si l’interdiction d’exporter des semences traitées Gaucho ou Régent n’est pas levée, ces exportations vont diminuer l’an prochain.

150 000 quintaux de maïs traités Gaucho et Régent TS à l’export

Malgré les demandes pressantes de la filière semences de maïs, le ministère de l’Agriculture refuse catégoriquement d’autoriser le traitement des semences de maïs au Gaucho et au Régent TS lorsqu’elles sont destinées à l’exportation, sans véritablement donner de justification. Or, il s’agit d’un gros marché pour les entreprises de sélection de semences concernées : elles commercialisent 600 000 doses de semences de maïs traitées avec ces insecticides (soit 150 000 quintaux) sur un total exporté de 3,5 millions de doses. « On ne comprend pas, car nous sommes dans une filière totalement contrôlée et facilement contrôlable», souligne Robert Pellerin, président du Gnis. Les exportations de maïs génèrent un excédent commercial de 120 millions d’euros. 45 entreprises de production de semences sont concernées, qui emploient 2 500 salariés. Déjà, certaines d’entre elles cherchent des stations de semences espagnoles pour externaliser leurs traitements de semences, afin de ne pas perdre de parts de marché, notamment vers l’Allemagne.

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Les semences potagères et de betteraves touchées par la Pac

Les producteurs de semences ont sollicité le ministère de l’Agriculture sur un autre dossier important : la réforme de la Pac. A partir de 2006, les céréaliers pourront produire des semences potagères et des semences de betteraves sur des surfaces qui donnent droit au paiement d’aides découplées, alors que les producteurs traditionnels de ce type de semences n’y auront pas accès puisque ces productions sont exclues de la Scop (surfaces de céréales et oléoprotéagineux). D’où une concurrence jugée déloyale, de l’ordre de 20 à 30 %. C’est pourquoi le Gnis demande la mise en place d’une aide nationale pour ces producteurs.