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Fièvre catarrhale La France agit pour obtenir la reprise des exportations vers l’Italie

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Alors que le Portugal a annoncé le 14 avril au Conseil agricole de l’UE à Luxembourg son intention de mettre fin à ses mesures de protection unilatérales contre la fièvre catarrhale, la France était toujours à la recherche d’une solution pour permettre une reprise dès la mi-mai des exportations de broutards vers l’Italie. De son côté, la Commission européenne a rappelé que, sur la base d’informations scientifiques supplémentaires, elle était prête à soumettre au comité permanent de la chaîne alimentaire de l’UE de nouvelles règles sanitaires pour faciliter le mouvement des bovins vaccinés.

La Commission européenne ayant décidé de renforcer le dispositif de protection contre la dispersion du sérotype 8 de la fièvre catarrhale (1), le Portugal a annoncé le 14 avril aux ministres de l’Agriculture de l’UE son intention de lever les mesures de protection sanitaire supplémentaires instaurées à ses frontières pour prévenir l’entrée d’animaux (ovin et bovin) provenant de zones communautaires contaminées. S’exprimant devant les Vingt-sept, la nouvelle commissaire européenne à la santé, Androula Vassilliou, a souhaité que l’Italie suive l’exemple portugais. La commissaire a déclaré attendre de l’Italie qu’elle « réagisse rapidement dans le même sens ». Mme Vassilliou n’a pas manqué de signaler que le virus sérotype 8, qui est à présent très répandu en Europe septentrionale, avait été également découvert fin mars en Italie dans la région de Vénétie, principale zone d’engraissement des broutards français. Autrement dit, il n’est pas exclu que la Commission européenne examine une initiative en vue de faciliter les mouvements d’animaux entre les diverses zones réglementées de l’UE. La décision arrêtée le 8 avril par le Comité permanent de la chaîne alimentaire de l’UE précise que les Etats membres peuvent exiger que les animaux déplacés des zones réglementées vers les zones exemptes de fièvre catarrhale soient vaccinés ou soient naturellement immunisés contre le virus (1).

Mme Vassilliou a rappelé que, selon elle, la vaccination est le meilleur outil de lutte contre la maladie mais que l’année 2008 ne sera pas facile. « L’expérience a montré, a poursuivi la commissaire, que la mise en place des mesures de contrôle destinées à assurer le bon fonctionnement du marché peut être rendue difficile par des facteurs tels que l’existence de différentes espèces propageant le virus, les nouvelles conditions climatiques ou encore les différentes espèces de bétail touchées par le virus ».

M. Barnier confiant

S’exprimant le 15 avril devant l’Assemblée nationale, le ministre français de l’Agriculture, Michel Barnier s’est dit confiant sur la possibilité d’obtenir un raccourcissement des délais après les vaccinations. « Compte tenu du rythme actuel des vaccinations pour les broutards (jeunes bovins), la reprise des échanges pourra intervenir dans le courant du mois de mai », si un accord est conclu avec l’Italie, avait affirmé le 10 avril M. Barnier.

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Les pouvoirs publics français devaient réunir la filière bovine le 17 avril pour faire le point de la situation, au lendemain de la prise de contact avec les nouvelles autorités italiennes suite à la victoire de Silvio Berlusconi aux élections législatives.

« À partir du moment où les animaux sont vaccinés sur la base du dispositif communautaire, Michel (Barnier) me dit que, courant mai, les Français seront prêts à reprendre (ces) exportations », s’est contenté de commenter le ministre italien de l’Agriculture, Paolo De Castro, lors du Conseil agricole à Luxembourg. Le ministre sortant a fait était de « l’absolue volonté » de Rome de trouver une solution à ce problème bilatéral.