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Porcs La France doit aller chercher de la valeur à l’export pour sa production porcine

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L’Allemagne symbolise souvent le concurrent principal des productions françaises en filière porcine. Mais sur le marché à l’export vers les pays tiers, la France doit aussi faire face à des géants comme le Brésil et les Etats-Unis.

La compétitivité de la filière porcine est mise à mal par trois facteurs selon les professionnels membres d’Inaporc (interprofession porcine) : « Le coût de la main d’œuvre, le taux de TVA et la réglementation environnementale ». Rapidement, la comparaison est faite avec l’Allemagne. De fait, le coût de la main d’œuvre enregistre de lourds écarts. Les experts de l’Ifip (institut technique du porc) sont parvenus à estimer le coût total de la main d’œuvre pour abattre et élaborer un kilo de porc. « Ce coût est évalué à 0,05 euro le kilo en Allemagne, 0,07 euro le kilo en Espagne et 0,085 euro le kilo en France », annonce l’Ifip. Concernant le taux de TVA, il reste favorable aux éleveurs allemands, selon les termes d’Inaporc. Enfin, les normes environnementales françaises sont extrêmement contraignantes. « Le moindre dossier, si petit soit-il, peut figer la filière », dénonce-t-on à l’Inaporc. Dans ce contexte, une concurrence s’installe sur le marché intérieur entre productions nationales et productions importées. « Une stratégie offensive sur le marché français serait nécessaire pour résister à la pression des pays concurrents ». De fait, on exporte des pièces à faible valeur ajoutée et on importe des pièces à haute valeur ajoutée. « C’est inquiétant », constate Marie-Alix Roussillon, ingénieure Ifip en charge de l’économie de l’industrie de la viande. Entre 2000 et 2010, les exportations de pièces désossées ont progressé de +440% en Allemagne. Dans le même temps, elles n’ont augmenté que de 7% en France.

Concurrence brésilienne sur le marché export
Pour l’Inaporc, la concurrence est aussi très présente sur les pays du « quinté + », à savoir la Russie, la Chine, les Philippines, le Japon et la Corée du Sud qui ont beaucoup importé en 2011. Les pays qui ont répondu aux besoins de ces marchés sont entre autres, le Canada, les États-Unis, le Brésil…et la France. En termes de compétitivité, au Brésil et aux États-Unis, le coût de l’alimentation est un avantage certain sur la France. De fait, chez ces géants de la production porcine, la proximité géographique entre élevage et production d’aliments du bétail permet de limiter le coût de transport des matières premières notamment. Outre le coût de la main d’œuvre qui est aussi un avantage comparatif pour ces pays, des élevages américains pouvant aller jusqu’à 10 000 truies réalisent de lourdes économies d’échelle. Dans ce contexte, selon Marie-Alix Roussillon, « nous avons des difficultés à offrir les mêmes garanties que les grands opérateurs des Etats-Unis, du Brésil, ou même de l’Union européenne, en termes de régularité et de volume auprès des pays importateurs ». Pour faire face à cette concurrence, la filière porcine devrait adapter l’offre aux besoins des pays importateurs. Pour y parvenir, l’outil d’abattage français aurait besoin de se « rationnaliser et de se restructurer ». Dans le cadre d’un plan national de restructuration des abattoirs, des projets de modernisation devraient être financés à partir de l’année prochaine.

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