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APCA «La France doit s’ouvrir vers l’étranger»

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Près de 500 agriculteurs professionnels néerlandais se sont installés en France ces 25 dernières années. Partant de ce constat, l’APCA a ouvert le débat lors d’une table ronde intitulée «Regards croisés sur l’évolution de l’agriculture européenne», le 11 octobre avec un pays à l’honneur: les Pays-Bas.

«La France doit s’ouvrir vers l’étranger ». Tel est le message de la table ronde initiée par l’APCA intitulée «Regards croisés sur l’évolution de l’agriculture européenne» avec un pays à l’honneur, les Pays-Bas. Face à une « tendance à la globalisation menaçante », selon les propos de Sjors Kruipers, directeur à la Rabobank, il est nécessaire de pouvoir « prendre des risques ». L’objectif dans l’Union européenne élargie est « que les agriculteurs français, néerlandais et polonais bénéficient des mêmes conditions pour entreprendre», explique-t-il. Près de 500 agriculteurs professionnels néerlandais se sont installés en France ces 25 dernières années. Jean et Marianne Moonen, agriculteurs néerlandais installés en Normandie, n’ont pas réfléchi à toutes les conséquences de cette installation, il y a dix ans. « On s’est dit “on y va” !», se souviennent-ils. « Il ne nous était pas possible de nous payer une terre en Hollande», soulignent ces producteurs de semences pour pommes de terre. Le prix des terres aux Pays-Bas est excessivement cher, ce qui pousse les agriculteurs à rechercher des productions à haute valeur ajoutée.

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Le libéralisme en question

Jean et Marianne Moonen s’interrogent sur leur avenir : « Comment se développer aujourd’hui ? comment faire vivre notre famille et celles de nos 7 ouvriers? ». Ces craintes sur l’avenir qu’ils partagent avec les agriculteurs français ne doivent pas masquer des divergences de vue concernant les effets de la libéralisation. « Le libéralisme c’est la responsabilité : les agriculteurs français doivent arrêter de toujours pleurer auprès du ministre de l’Agriculture. Ce n’est pas le ministre qui va faire le futur de mes enfants », a lancé un agriculteur de la salle. En résumé, le mot « libéralisme est trop chargé» négativement en France. La preuve, sur le délicat sujet des négociations à l’OMC, le ministre de l’Agriculture, de la Nature et de la Qualité des aliments néerlandais, Cees Veerman, avoue que les Pays-Bas sont plus « confiants» quant à la réforme du commerce à l’OMC et plus « réformistes» que la Belgique. Ce qui explique que les Pays-Bas ne sont pas signataires du mémorandum validé par 13 autres pays dans le cadre des négociations à l’OMC. Ce mémorandum vise à réaffirmer que l’engagement de l’UE à éliminer les subventions à l’export demeure conditionné aux avancées des autres pays de la négociation et que le maintien de la préférence communautaire est une «nécessité essentielle».