L’Office alimentaire et vétérinaire (OAV) de la Commission européenne a publié son rapport faisant suite à une inspection réalisée en France à l’automne 2003, afin d’évaluer le programme d’éradication de la chrysomèle du maïs dans les régions françaises infestées (Ile-de-France et Alsace). Le rapport est élogieux. L’office européen fait tout de même remarquer que la France n’a pas instauré de relations officielles avec les pays transfrontaliers concernant le foyer alsacien (Suisse et Allemagne), ce qui est préjudiciable.
Les mesures d'éradication de la chrysomèle du maïs ( diabrotica virgifera) prises par les autorités françaises sont "efficaces et adaptées à la situation", estime l'Office alimentaire et vétérinaire de l'UE (OAV), dans le rapport d'une mission effectuée en octobre dernier (1). L'insecte ravageur originaire d'Amérique avait été repéré pour la première fois en France en août 2002 autour des aéroports parisiens de Roissy, d'Orly et du Bourget (288 individus piégés). L'été dernier, 9 chrysomèles ont été capturées dans le sud de l'Alsace, près de l'aéroport de Bâle-Mulhouse.
"Les mesures adoptées par la France sont pleinement en accord avec celles prévues dans la décision de la Commission 2003/766/CE" voire "plus strictes" dans certaines zones, indique l'OAV, qui ajoute que "les services visités, aussi bien au niveau central que régional, disposent de ressources humaines bien formées et motivées, et de ressources matérielles suffisantes pour bien travailler".
Pas assez de pièges
Les experts estiment toutefois que, "dès le début et jusqu'à présent, le nombre de pièges n'est pas tout à fait adéquat pour permettre une détection précoce des populations initiales peu nombreuses, surtout dans les régions à risque. En effet, plus la population des insectes est petite et plus le nombre de pièges doit être élevé, afin de les détecter rapidement. Cela a été flagrant pour l'Ile-de-France où la surveillance n'était pas suffisante. "En 2000, il y avait seulement deux pièges en Ile-de-France, et aucun en 2001 car il y a eu des malentendus entre le SRPV et le LNPV unité d'entomologie (Laboratoire national de la protection des végétaux), sur la commande des pièges", explique le rapport. De ce fait, il n'est pas possible de déterminer l'année exacte d'introduction de la chrysomèle du maïs en Ile-de-France. "La proximité des aéroports internationaux laisse suspecter une introduction involontaire par voie aérienne en 2001 ou 2000 (vu les nombres assez élevés d'adultes détectés)", précise l'OAV.
Manque de contacts avec l'Allemagne et la Suisse
Concernant l'origine de l'introduction de Diabrotica en Alsace, le rapport souligne que "selon les autorités régionales, l'origine n'est pas sûre. Il s'agit probablement d'une introduction récente, involontaire, par l'aéroport ou par l'autoroute". L'OAV fait aussi remarquer que la France n'a pas cherché à élaborer de stratégie commune avec les pays voisins du foyer alsacien (Allemagne et Suisse), alors que "ceci serait très utile afin de limiter la diffusion de l'insecte". Ces contacts ont désormais été pris, ont fait savoir les autorités françaises.
Les inspecteurs de l'OAV soulignent les problèmes d'ordre technique et social qu'ont rencontrés les agriculteurs et les services régionaux de la protection des végétaux pour la mise en œuvre des traitements aériens afin de lutter contre les adultes. "En Alsace, il faut élargir le consensus pour assurer une mise en œuvre efficace des mesures phytosanitaires", indique dans ses conclusions l'OAV. Plus facile à dire qu'à faire !
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Manque d'efficacité des traitements larvicides
Le rapport aborde le sujet des traitement de semences insecticides, sujet à controverse en France : "L'équipe d'inspecteurs a été informée du fait que l'efficacité des traitements larvicides par rapport à la finalité de l'éradication semble être limitée, surtout eu égard aux doses employées, qui sont très basses comparées à celles utilisées aux Etats-Unis (le rapport est de 1 à 7). L'autorité compétente estime donc que le traitement larvicide doit être considéré comme une mesure complémentaire à la rotation des cultures que comme une mesure d'éradication de Diabrotica ".
La propagation de la chrysomèle semble beaucoup moins sous contrôle en Autriche ou en Italie, où les inspecteurs de l'OAV s'étaient rendus en juin 2003 et 2001(2).
(1) http://www.europa.eu.int/comm/food/fs/inspections/pi/reports/france/index_en.html
(2) Voir N°2943 du 02/02/04.