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Négociations commerciales La France montre du doigt les exportations agricoles des pays émergents

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 Jacques Chirac a tenu à souligner, le 30 janvier à Genève, l’impact négatif des exportations agricoles des pays émergents sur le développement des pays pauvres, tandis que, pour sa part, Kofi Annan demandait aux nations riches d’éliminer toutes les subventions «q ». Le président français et le secrétaire général de l’Onu venaient de signer, avec les présidents brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, et chilien, Ricardo Lagos, un déclaration sur la lutte contre la faim et la pauvreté.

« L’Europe et d’autres pays développés doivent faire ce qui suit : ouvrir entièrement leurs marchés à tous les produits des pays en développement ; éliminer toutes les subventions qui soumettent les producteurs des pays en développement à une concurrence déloyale», a réaffirmé à Genève le secrétaire général de l’Onu.

« L’élimination de la faim dans le monde passe aussi et même beaucoup par le développement des cultures vivrières dans les pays les plus pauvres et, en particulier, dans les zones arides», a rappelé de son côté M. Chirac, avant d’ajouter: « Or, dans l’état actuel des choses, ce ne sont pas les subventions agricoles des pays riches qui mettent en cause ce développement, ce serait plutôt les exportations agricoles d’un certain nombre de pays émergents – ils en ont besoin, je ne conteste pas la nécessité pour eux de développer ces secteurs de leur économie –, mais chacun voyant un peu le soleil à sa fenêtre, doit tenir compte aussi de la fenêtre du voisin ».

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«Nous attendons que les Etats-Unis s’engagent»

Dans le « grand débat sur les aides agricoles », « nous avons (...) une divergence de vues avec le président Lula», a reconnu le chef de l’Etat français, rappelant que l’UE est « le premier importateur mondial de produits agricoles en provenance des pays en développement » et qu’elle « accepte les productions agricoles des pays en développement sans aucun droit de douane, d'ailleurs les autres produits aussi, en dehors des armes ».

De plus, a poursuivi M. Chirac, « la France a proposé, c’est moi qui l’ai proposé, une situation particulière pour l’Afrique, à savoir le moratoire sur les subventions agricoles déstabilisatrices – parce qu’il y en a, c’est vrai –, l’harmonisation des régimes de préférences et un régime spécial pour les matières premières. Cela, c’est la proposition que nous avons faite et qui a été adoptée par le Sommet Afrique-France, il y a un an, et qui malheureusement se heurte, il faut dire les choses telles qu’elles sont, à l’hostilité de certains et notamment de nos amis américains. Et nous attendons que les Etats-Unis s’engagent aussi sur cette voie ».