Le ministre français de l’agriculture, Hervé Gaymard, a demandé le 24 février à Bruxelles à ses homologues de l’UE et à la Commission européenne d'envisager une baisse des quotas laitiers au niveau communautaire ou, à défaut, dans les pays qui le souhaitent, pour favoriser une augmentation du prix à la production. Franz Fischler, le commissaire à l'agriculture, s'est seulement engagé, à ce stade, à évaluer la situation du marché dans le contexte de l'élargissement de l'UE le 1er mai prochain.
Alors que la fixation du prix du lait soulève une grave crise en France, M. Gaymard a fait valoir qu'une réduction de 1% des quotas de tous les Etats membres permettrait de diminuer de quelque 350 millions d'euros les dépenses d'intervention publique et provoquerait «un raffermissement des prix aux producteurs». Il a aussi réclamé une simplification du mécanisme des restitutions à l'exportation pour le beurre et la poudre de lait écrémé.
Les autres ministres de l'agriculture, qui ont constaté eux aussi une dégradation des prix, se sont toutefois montrés divisés sur les instruments à utiliser pour améliorer la situation.
Un accueil partagé
M. Fischler a rappelé que les réductions convenues des prix d’intervention de la poudre de lait écrémé et du beurre seront appliquées le 1er juillet prochain, moyennant des compensations qui seront payées aux producteurs à la fin de l’année. Il a aussi remarqué que l’intervention était ouverte pour le beurre, mais que, sur les deux premiers mois de 2004, les offres étaient nettement plus réduites qu’au cours de la même période 2003.
«La Commission fait de son mieux pour gérer les marchés. Avant d’en arriver à des conclusions, nous entreprendrons une analyse complète», a-t-il ajouté.
Le ministre irlandais, Joe Walsh, dont le pays assure la présidence de l'UE, s'est limité à suggérer de «prendre le temps de la réflexion» pour effectuer «une analyse très prudente».
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M. Gaymard a lui-même reconnu, devant la presse, que son intervention avait reçu un accueil partagé de ses pairs. De son propre aveu, le Danemark et le Royaume-Uni se sont montrés «dubitatifs». L'Autriche, les Pays-Bas, l'Allemagne, la Belgique et le Luxembourg, «sans forcément partager» la position française, ont néanmoins émis, selon lui, le souhait «qu'on puisse trouver une solution à la crise actuelle».
Le gouvernement français avait annoncé le 10 février une aide immédiate de 20 millions d'euros en faveur de la filière laitière en crise.
(FXS)
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