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Fruits et légumes La France préoccupée par un nouvel accord entre l’UE et le Maroc

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La Commission européenne a confirmé le 30 novembre, lors d’une réunion du Comité spécial agricole des Vingt-sept, le paraphe imminent d’un accord sur une seconde phase de libéralisation des échanges entre l’UE et le Maroc. Elle répondait à la France qui s’inquiète des conséquences que de nouvelles concessions commerciales pourraient avoir sur le secteur des fruits et légumes dans la Communauté.

«En raison de la très forte compétitivité du Maroc dans le secteur des fruits et légumes et des concessions en discussion sur ces produits, en particulier s’agissant des extensions de calendrier, de l’augmentation conséquente des contingents et de la réduction des prix d’entrée », l’évolution de la négociation d’une seconde phase de libéralisation des échanges agricoles avec ce pays « a fait l’objet d’une réserve marquée de la part de la France et d’autres Etats membres », a rappelé Paris, en demandant à la Commission européenne des précisions sur ce dossier.
« Dans un contexte très difficile pour les producteurs communautaires, caractérisé par une baisse tendancielle des revenus, les concessions importantes envisagées dans le projet d’accord pourraient entraîner des perturbations sur le marché communautaire, d’autant que le problème de la fiabilisation du système de prix d’entrée reste entier », ajoutait la France.

Les intérêts défensifs européens pris en compte, selon Bruxelles
Soulignant que les Etats membres avaient été régulièrement tenus informés des progrès réalisés dans les pourparlers avec le Maroc, qui viennent effectivement de se conclure, la Commission a répondu à la France que l’accord avec ce pays offrira de fortes perspectives d’exportation à l’ensemble des opérateurs de l’UE. Et qu’il tient compte aussi des intérêts défensifs européens.
Elle a ainsi mis en évidence le maintien des prix d’entrée pour les produits sensibles, la clause de sauvegarde, les engagements du Maroc concernant le respect des normes internationales sanitaires et phytosanitaires et l’ouverture de négociations sur les indications géographiques, la libéralisation immédiate du marché de ce pays pour 45 % des importations de l’UE et pour 70 % dans dix ans, etc.

Paris réclame un mécanisme de sauvegarde
Lors de l’échanges de vues du Comité spécial agricole de l’UE (CSA) sur la question, la France a jugé positivement le fait de discuter également avec Rabat des indications géographiques et des questions sanitaires et phytosanitaires. Mais elle a aussi fait part de ses inquiétudes en ce qui concerne le traitement des produits sensibles, des fruits et légumes en particulier, faisant valoir que le système des prix d’entrée ne fonctionne pas correctement et dénonçant l’absence de clarté des statistiques et données commerciales.
Paris a demandé à la Commission d’entreprendre une analyse d’impact des quotas d’importation ouverts par les accords bilatéraux avec les pays tiers pour ces produits sensibles, d’assurer un contrôle serré et une surveillance de l’impact des importations en question et d’instaurer un mécanisme de sauvegarde permettant à l’UE de réagir si nécessaire. En résumé, de garantir une mise en œuvre adéquate du futur accord.

Neuf Etats membres soutiennent la France
La position française a été soutenue de façon générale par l’Espagne, l’Italie, Chypre, la Grèce, le Portugal, la Pologne, la Roumanie, la Hongrie et la Lettonie, du moins pour ce qui est de la nécessité de procéder à une analyse générale du fonctionnement du système des prix d’entrée et d’évaluer l’impact des quotas d’importation des produits sensibles sur le marché communautaire.
En revanche, le Royaume-Uni, l’Allemagne et le Danemark ont tenu à féliciter la Commission pour la conclusion de l’accord avec le Maroc dont, selon eux, le bénéfice global doit être apprécié dans un contexte plus général que l’agriculture.

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