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Eaux minérales La France reste leader mondial des exportations

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La France, premier exportateur d’eaux minérales et gazéifiées, détient 40 % des parts de marché mondiales. Les échanges d’eaux minérales et gazéifiées sont structurellement excédentaires, même si l’excédent se réduit depuis 2007, en lien avec la crise économique et la sensibilité croissante des consommateurs aux problèmes environnementaux, dans un contexte de concurrence accrue avec l’eau du robinet. Les grands groupes, qui dominent le marché national, tendent à diversifier leurs ventes en se positionnant sur le segment plus dynamique des autres boissons non alcoolisées (eaux aromatisées, boissons sucrées). Ils renforcent également leur présence sur les marchés émergents à forte croissance.

La France est le premier exportateur mondial d’eaux minérales et gazéifiées avec une part de marché relativement stable, autour de 40 %, mais dans un marché mondial qui est en forte croissance entre 2000 et 2008 (+9 % par an en moyenne). Ainsi la France, selon une étude du ministère chargé du Commerce extérieur, se situe loin devant l’Italie (17 % du marché mondial) et la Chine (14 %). Les ventes d’eau de la France baissent depuis 2007, mais il en va de même chez certains de ses principaux concurrents, d’où le maintien de sa part de marché.
Le segment des autres boissons non alcoolisées telles que les eaux aromatisées et les boissons sucrées (mais hors jus de fruits) est cependant deux fois plus dynamique à l’exportation (+17 % en moyenne entre 2000 et 2008) et, là, la France n’arrive qu’au sixième rang mondial, les trois premiers exportateurs étant l’Autriche, la Belgique et le Royaume-Uni.

Forte concentration des entreprises
La forte concentration des entreprises exportatrices d’eaux opérant sur le territoire national, qui leur permet de mieux supporter des coûts élevés de marketing, de publicité et de R&D, favorise leur projection à l’international. En 2009, les entreprises de plus de 250 salariés représentent 19 % des entreprises exportatrices d’eaux et 87 % des ventes (contre 56 %). Les dix premiers exportateurs captent à eux seuls 95 % des ventes et deux grands groupes dominent à l’exportation.
La tendance générale est plutôt à une concentration accrue, avec 300 exportateurs en 2009, après 350 en 2000.

Un solde structurellement excédentaire
Le solde commercial français des eaux minérales et gazéifiées est structurellement excédentaire, mais le solde a néanmoins tendance à s’amenuiser depuis 2007 en raison du recul des exportations, qui touche l’ensemble des opérateurs : il atteint ainsi 530 millions d’euros en 2009, après un maximum à 735 millions en 2006. Ce repli des ventes s’explique notamment par la concurrence de l’eau du robinet et la montée des préoccupations environnementales, sur lesquelles se sont greffés les effets de la crise économique. A ce stade, on ne perçoit pas encore de signes clairs de reprise : après un rebond temporaire au deuxième trimestre 2009, les exportations d’eaux tardent à se redresser. Elles fléchissent ainsi de 16 % en 2009 (-6 % en 2008) et de 4 % encore au premier trimestre 2010 par rapport au trimestre précédent.
Les autres boissons non alcoolisées, soit la moitié de l’ensemble eaux et autres boissons non alcoolisées, constituent un segment dynamique à l’exportation. Les entreprises exportatrices tendent de ce fait à diversifier leur activité en se positionnant sur ces créneaux porteurs. Entre 2000 et 2006, la croissance des ventes françaises des autres boissons non alcoolisées s’établit à +11 % par an en moyenne (contre +4 % pour l’eau minérale). Elles sont également moins affectées par la crise (+3 % en 2009). Dans ce domaine, la France est néanmoins importatrice nette et accuse un déficit de 49 millions en 2009, après 105 millions en 2008.

Forte croissance des ventes vers les pays émergents
Face au déclin de leurs ventes, les entreprises de l’industrie des eaux minérales et gazéifiées, renforcent leurs positions sur les marchés émergents. Les pays développés, notamment d’Amérique du Nord et de l’Union européenne, constituent en effet des marchés matures, avec des perspectives de croissance désormais limitées. Si leur part dans les ventes d’eaux reste prépondérante, elle a tendance à diminuer (82 % en 2009, après 90 % en 2000) au profit des pays émergents (6 % des ventes d'eau, après 2 % en 2000). Depuis 2007, le Royaume-Uni, la Belgique et le Japon sont les pays développés qui contribuent le plus à la baisse des ventes. Les expéditions d’eau vers la Belgique, qui sert de base de réexportation vers certains pays tiers à l’Union européenne, notamment vers le Japon et les Etats-Unis, demeurent toutefois dynamiques jusqu’en 2008 avant de baisser fortement en 2009. En revanche, les ventes d’eaux vers les pays émergents progressent fortement depuis 2004 (+31 % en moyenne par an entre 2003 et 2008), notamment vers la Russie, Hong-Kong et la Chine, même si elles n’échappent pas au contrecoup de la crise économique et financière en 2009 (-19 %). La forte croissance de la demande émergente est notamment alimentée par les difficultés d’accès à l’eau potable dans certains pays et l’augmentation du niveau de vie.
Les grands groupes implantés en France et spécialisés dans l’eau sont également présents dans d’autres pays. Ils y disposent la plupart du temps de leur propre site de production qui leur permet de desservir les marchés locaux, mais cela limite pour partie les ventes effectuées à partir du territoire français, plus particulièrement celles à destination des pays émergents lointains.

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