Lors de la visite de Marc Fesneau en Ukraine, les ministres de l’Agriculture des deux pays ont signé un protocole de coopération, visant notamment à dépolluer et décontaminer les sols agricoles ukrainiens.
Le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau s’est rendu les 10 et 11 novembre en Ukraine, à l’invitation de son homologue ukrainien Mykola Solsky. L’objectif de la rencontre consistait à rappeler le soutien de la France à l’Ukraine dans le domaine agricole et agroalimentaire, a rapporté le cabinet du ministère de l’Agriculture le 15 novembre. « Je suis venu dire le soutien indéfectible de la France et de l’Europe à l’agriculture ukrainienne », a rappelé M. Fesneau à l’occasion des questions d’actualités du Sénat le même jour. Évoquant notamment la situation d’une chèvrerie située à quelque 500 mètres de la ligne de front, le ministre a ajouté que la France serait aux côtés de l’Ukraine, « y compris dans sa reconstruction".
À ce propos, les deux alliés ont signé un protocole d’accord de coopération, qui vise notamment à dépolluer et décontaminer les sols agricoles, dont plusieurs millions d’hectares sont potentiellement contaminés par les effets de la guerre (bombardements, destructions d’installations chimiques…). L’Ukraine avait récemment sollicité la France en ce sens, avaient rapporté fin octobre plusieurs sources proches du dossier à Agra Presse « Des actions sont menées par l’Inrae et le BRGM pour réaliser une cartographie [de ces sols Ndlr], et mettre en place mesures pour les rendre à nouveau arables », soutient le cabinet du ministère de l’Agriculture.
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Maintenir un équilibre entre l’Ukraine et l’UE
Par ailleurs, M. Fesneau a dit « son attachement aux renforcements des corridors de solidarité pour permettre aux produits céréaliers de quitter l’Ukraine, et assurer la sécurité alimentaire mondiale menacée par l’action de la Russie ». Face aux inquiétudes des agriculteurs français, M. Fesneau a toutefois rappelé de façon « très claire » à Olha Stefanichyna, vice-Première ministre ukrainienne chargée de l’intégration européenne et euro-atlantique, l’importance de maintenir « un équilibre entre l’Ukraine et l’UE », et ce pour que les productions agricoles européennes ne soient pas « affectées par des importations massives » de produits ukrainiens.
Lors des questions d’actualités au gouvernement du Sénat le 15 novembre, M. Fesneau a notamment mentionné les questions de « distorsions de concurrence qui pénalisent aujourd’hui les producteurs de volaille ou encore de sucre ». « La solidarité n’empêche pas la lucidité », a affirmé le ministre de l’Agriculture. Aussi, dans la perspective de négociations d’adhésion de l’Ukraine à UE, M. Fesneau estime qu’elle ne peut être possible « sans convergence des modèles », et donc sans la mise en place « de contraintes à l’encontre de l’agriculture Ukraine comme elles existent dans l’UE ».