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OMC La France veut des négociations « sur des bases saines »

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Nicolas Sarkozy veut que les négociations au sein de l’OMC « repartent sur des bases saines et des objectifs clarifiés ». Le président français a aussi estimé qu’ « il faut mettre en place de véritables outils de gouvernance » au niveau international pour remédier à l’instabilité des prix, lors de son intervention sur l’agriculture, le 19 février.

«Je m’opposerai fermement à tout accord à l’OMC qui sera contraire aux intérêts de notre pays », a réaffirmé le chef de l’Etat français. « L’Europe ne peut renoncer à défendre son agriculture de production, et doit protéger la qualité sanitaire et environnementale de son alimentation », a-t-il dit.

L’Europe doit faire comme les Etats-Unis

« D’ailleurs, si j’avais le moindre doute, je regarderais les Etats-Unis et l’Inde parce qu’ils sont moins complexés qu’un certain nombre de gens qui, ici, défendent une pensée unique », a souligné Nicolas Sarkozy. « Les Etats-Unis et l’Inde défendent avec tant d’énergie, tant de passion, et pourquoi ne pas le dire, tant d’efficacité leur agriculture. Cela devrait nous faire réfléchir. Il s’agit pour les Etats-Unis de mener une stratégie de puissance économique et politique afin d’affirmer la suprématie de leur pouvoir vert ».

« Si la première puissance du monde croit stratégique de défendre son pouvoir vert, est-ce que la 5 e puissance du monde, la France, ne devrait pas se poser la même question et entraîner toute l’Europe au service de la même stratégie ? » , a demandé le président français. « Ce que font les Américains pour leurs agriculteurs, je demande que l’Europe le fasse pour nos agriculteurs. Même stratégie et même efficacité. Il ne s’agit pas d’isoler la France dans un combat solitaire, il s’agit que la France d’abord, et l’Europe ensuite, mènent le même combat que les autres. On ne peut plus continuer à laisser nos entreprises agricoles souffrir d’un dumping environnemental, social, fiscal, monétaire, dont l’ampleur croît chaque jour ».

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« Régulation n’est pas un gros mot »

« On ne peut permettre à une poignée de spéculateurs de mettre en péril la sécurité alimentaire européenne », a également déclaré le chef de l’Etat à propos des fluctuations de prix, rappelant qu’il a proposé à Rome l’année dernière au sommet de la FAO la « régulation » des marchés de matières premières agricoles. Car, pour lui, « régulation n’est pas un gros mot ».

Le président français compte ainsi suggérer lors des prochains grands rendez-vous internationaux, et notamment au G-8, « d’aller plus loin dans la mise en œuvre du Partenariat mondial pour l’agriculture et l’alimentation ».

« Je veillerai à la création avant la fin de l’année, d’un groupe international de scientifiques, sur le modèle du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, le Giec », a-t-il annoncé. Ce groupe « devra établir un diagnostic sur le fonctionnement des marchés de matières premières agricoles et sur l’évolution de la sécurité alimentaire, produit par produit, région par région ». L’objectif étant que « l’ensemble des chefs d’Etat et de gouvernement puissent se reposer sur cette analyse scientifique mondiale, objective, incontestable de manière à ce que l’on comprenne ce qui se passe ».