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La fromagerie Milleret investit dans les technologies vertes

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La fromagerie familiale de Haute-Saône amplifie son programme d’investissement : après les pompes à chaleur et les panneaux solaires à Charcenne, elle va se doter d’un deuxième site industriel lui permettant à terme de presque doubler sa capacité de production. Au-delà des fromages à pâte molle et de la cancoillotte, Milleret pourrait développer d’autres types de fromages.

Bien que fêtant cette année ses cent ans, la fromagerie Milleret ne s’endort pas pour autant sur ses lauriers. Et veut surtout rester à la pointe des dernières innovations technologiques. Ainsi, son directeur général Thierry Martin annonce-t-il un projet important : « Nous allons nous doter d’un nouveau site industriel, non loin de notre fromagerie de Charcenne, qui nous permettra un quasi-doublement de notre capacité de production. » Cette nouvelle fromagerie s’étendra sur 9000 m2 de bâtiments construits et représente un investissement d’environ 30 millions d’euros. « Sa capacité au démarrage sera de 3 000 tonnes par an, mais pourra aller jusqu’à 6 000 tonnes à terme, ajoute Thierry Martin, soit presque autant que notre site actuel qui a une capacité de 8 000 tonnes.» Après les études préliminaires qui ont été lancées, le dépôt de permis de construire est prévu pour le premier trimestre 2022, et la mise en service pour le premier semestre 2024.

« C’est un investissement très important pour notre société qui a réalisé un chiffre d’affaires de 75 millions d’euros en 2020, en hausse de 3 % par rapport à 2019, souligne Thierry Martin, et qui a été rendu possible par notre actionnariat 100 % familial, capable de se projeter sur le long terme ». Le financement est assuré par des fonds propres, de la dette bancaire et, espère Thierry Martin, des subventions publiques.

Le projet de nouvelle fromagerie présente une dimension environnementale importante, même si la neutralité carbone ne pourra pas être atteinte. « La question de la consommation énergétique est d’autant plus importante que nous vivons actuellement une flambée de cours de ces matières premières », rappelle Thierry Martin. Cette année, le site de Charcenne s’est doté de pompes à chaleur haute température capables de récupérer la chaleur produite par les installations frigorifiques, ce qui permet une baisse de l’impact carbone de 37 % (en année pleine à partir de 2022). Et des panneaux solaires ont été installés pour ombrager les voitures des collaborateurs de la société, permettant de produire 760 MWH/an, soit environ 6 % de la consommation du site. Ces deux investissements ont coûté 2 millions d’euros. Ils sont complétés par des installations facilitant la visite du site par le grand public et la création d’un magasin d’usine.

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Focus sur les tendances de consommation

La construction de la nouvelle fromagerie est motivée par la prudence, les dirigeants de Milleret estimant qu’une seule usine n’est pas suffisante en cas de problème technique affectant la production. C’est pourquoi les deux sites seront distincts pour les approvisionnements et pour la production. Mais la décision est aussi motivée par des perspectives stratégiques. « Nous pourrions nous diversifier dans des fromages autres qu’à pâte molle, c’est en tous les cas un axe de réflexion pour nous », explique Thierry Martin. « Nous regardons avec beaucoup d’attention toutes les tendances de consommation, en France comme à l’étranger, pour nourrir notre réflexion », poursuit-il. Le fromage comme cœur de repas et la notion de plaisir sont des pistes à creuser par les équipes de Milleret.

La fromagerie conduit tous ces projets dans un contexte qui lui a été plutôt favorable ces derniers mois. La société vend les deux tiers de ses produits en grandes surfaces, et ses fromages ont donc profité du regain de la consommation à domicile. « Après la très forte progression de nos ventes en 2020 en libre-service et en drive, nous constatons des hausses en 2021, notamment grâce à nos marques phares L’Ortolan et Roucoulons diffusées à l’échelle nationale », explique le directeur général qui vise une hausse du chiffre d’affaires de 2 % en 2021, autour de 76,5 millions d'euros. La fromagerie peut en effet s’appuyer sur ses marques nationales et régionales qui représentent 65 % de ses ventes, contre 35 % en MDD françaises et étrangères.

« Nous regardons avec beaucoup d’attention toutes les tendances de consommation »