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Pac 2014 La Good Food March milite pour une agriculture de qualité

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Les caravanes de la Good Food March démarreront en France le 1er septembre et arriveront le 19 du même mois à Bruxelles devant le Parlement européen. Les organisateurs de cette marche souhaitent sensibiliser l’opinion publique sur l’importance que la réforme de la Politique agricole commune a sur l’ensemble de la société. C’est en effet le revenu des agriculteurs, mais aussi la qualité de l’alimentation qui est défendue par cette manifestation.

La Good food march « est un cri d’alarme », a averti Marc Dufumier, membre du comité de veille écologique à la Fondation pour la nature et l’homme de Nicolas Hulot, lors d’un point presse le 30 août. Elle débutera le 1er septembre prochain en France, mais traverse déjà l’Autriche depuis le 17 août. En tout, ce sont 4 caravanes qui sillonneront 8 pays, pour arriver le 19 septembre à Bruxelles, alors que s’ouvriront les débats parlementaires sur la réforme de la Pac. Ces marches, organisées conjointement par Via Campesina, la Confédération paysanne, ou encore Attac, ont pour but d’envoyer un signal simple aux élus européens : la prochaine Pac doit abandonner son modèle « néolibéral » et productiviste.

Pour une alimentation de qualité

« Les citoyens européens prennent conscience de l’obésité, des maladies neurodégénératives, des cancers, des troubles de la fertilité, en relation avec la qualité de notre alimentation et indirectement avec l’agriculture productiviste, qui a répondu à un cahier des charges de l’agro-industrie », cingle Marc Dufumier. Cette idée de qualité de l’alimentation est primordiale dans la manière d’aborder la réforme de la Pac, estiment les organisateurs de la Good Food March. Une bonne alimentation, « ce n’est pas un caprice de bourgeois bohème, défend d’ailleurs Marc Dufumier, c’est aussi ce qui pourrait sauver les pays du tiers monde ! ». En effet, pour le membre de la fondation de Nicolas Hulot, les exportations européennes empêchent l’agriculture des pays africains en difficulté de se développer. « Vous croyez qu’on rend service à l’Afrique en voulant exporter des rejets de poulet bas de gamme congelés pour que les paysans ne soient plus compétitifs ? », interpelle-t-il.

Défendre le revenu et l’emploi agricole

Mais ce sont avant tout les agriculteurs européens qui sont concernés par cette nouvelle Pac et par la Good Food March. Car le résultat de la Politique agricole commune actuelle, « c’est l’alignement des prix européens sur les prix mondiaux pour être plus compétitifs sur les marchés », rappelle Aurélie Trouvé, co-présidente de la fondation Attac. Or avec un tel système, « les prix ne couvrent pas les coûts de production et sont extrêmement volatils. Tout cela a deux conséquences : la destruction de l’emploi et des ressources naturelles », regrette-t-elle. Les exemples étrangers prouvent d’ailleurs que la libéralisation tous azimuts est une impasse, argumente Aurélie Trouvé. « Les États-Unis ont dérégulé dans les années 90, mais en ont tiré les conséquences et rerégule désormais très fortement leurs prix, leurs productions et leurs frontières », raconte la co-présidente d’Attac. Et ce que défend la Food Good March, c’est justement de « remettre de la régulation, de restaurer les capacités d’intervention des pouvoirs publics, la mise en place de filets de sécurité et la lutte contre la concentration des fermes », enchaîne Philippe Collin, porte-parole de la Confédération paysanne. Les différentes associations de la Good Food March prévoient l’organisations d’autres manifestations avant 2014 afin de s’assurer que les « parlementaires européens ne se contentent pas d’une petite réformette », conclut Marc Dufumier.

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