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Epicerie fine La grande distribution redessine le marché porteur de l’épicerie fine

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Le marché de l’épicerie fine et des produits alimentaires haut de gamme devrait croître plus rapidement que l’ensemble de la consommation alimentaire d’ici 2012. Son chiffre d’affaires est estimé à 5 milliards d’euros dans une étude publiée par Precepta, filiale de Xerfi, le 11 février 2010 et ses perspectives de croissance en France évaluées à un rythme annuel de 3 % en volume contre moins de 1 % pour l’agroalimentaire. L’irruption d’une offre premium dans les rayons des GMS ces dernières années contribue à redessiner le marché.

Le regain d’intérêt pour la cuisine à domicile, un souci du « mieux manger » et le recul de la restauration traditionnelle pour la deuxième année consécutive en 2009 (- 6% en volume) font les beaux jours de l’épicerie fine et des produits alimentaires haut de gamme.
Il faut dire aussi que l’offre s’est démocratisée avec le référencement de produits haut de gramme dans les GMS. Non seulement les enseignes de grande distribution commercialisent désormais des marques relevant de l’image de l’épicerie fine, comme Albert Ménès, ou Labeyrie, mais elles ont créé leurs marques propres « premium » : Monoprix Gourmet, Sélection Carrefour ou encore Les Saveurs U. Certaines ont même fait appel à des chefs cuisiniers pour élaborer leur offre.
Si les publics visés par les enseignes dédiées et les GMS ne sont pas tout à fait les mêmes, clientèle restreinte à fort pouvoir d’achat dans le premier cas, clientèle plus familiale dans le second, « les frontières tendent à s’estomper ». Fauchon a ainsi lancé une gamme de produits surgelés dédiés à la grande distribution en 2009 tandis que les marques propres « premium » de la grande distribution contribuent à asseoir la légitimité des GMS sur ce marché. Tout l’enjeu pour les acteurs traditionnels consiste à « ne pas dévoyer leur marque ».

Rajeunir la clientèle et garder les habitués
A ces évolutions vient s’ajouter l’e-commmerce, avec des sites pure players et le développement des sites en ligne des acteurs traditionnels. Isabelle Senand, directrice d’étude chez Precepta, estime cependant que le chiffre d’affaires additionnel généré par internet reste marginal.
Cette présence sur le web fait partie de la nécessaire modernisation de l’offre à laquelle se prêtent les acteurs traditionnels. Il s’agit pour eux de « conquérir une nouvelle clientèle, plus jeune, tout en conservant leur socle d’habitués ». Fauchon a ainsi revu son concept en 2007 et a annoncé l’ouverture de magasins de 50 m2 de vente à emporter en libre service fin 2009. Une à trois boutiques doivent ouvrir en France en 2010, et 100 à terme à travers le monde. Hédiard s’apprêterait également à revoir son concept.
Dernière pierre de la stratégie des acteurs traditionnels, l’internationalisation. Même si elle ne se fait pas toujours sans peine. Ainsi Fauchon a fait marche arrière en Chine en 2009, deux ans après avoir pris pied sur le marché, mais a ouvert une unité à Dubaï et envisagerait, d’après l’étude, une implantation au Maroc.

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