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Sécurité alimentaire La grippe aviaire fait peser l’incertitude sur la filière avicole

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« On craint que le ciel nous tombe sur la tête ». C’est ainsi qu’un professionnel de la filière avicole résume la position de l’industrie de la volaille face à la grippe aviaire. Le rapprochement de la maladie qui est aujourd’hui en Turquie, aux portes de l’Europe, pousse les consommateurs français à se poser des questions. Un mouvement de véritable rejet a gagné l’Italie.

La Commission européenne multiplie les déclarations rassurantes sur le développement de la grippe aviaire. Pour autant, l’inquiétude gagne l’Europe quant aux conséquences que pourrait avoir une pandémie sur le Vieux continent. L’industrie agroalimentaire risque d’en subir les conséquences avant même que la maladie gagne l’Europe. Le signe avant-coureur de ce danger pour la filière avicole a été enregistré en Italie qui a subi une chute de 30 à 40 % de la consommation de poulet ces derniers jours. « La chute est vertigineuse pour le poulet italien (…). Les prix sont au même niveau qu’il y a six ans », s’inquiète un syndicat agricole italien. Il dénonce « un alarmisme excessif et pour une grande part totalement injustifié » qui a provoqué une « réaction émotionnelle très forte de la part des citoyens ».

17,5 millions d’euros

A l’origine de ce mouvement de panique, l’annonce de la découverte de cas de grippe aviaire chez des volatiles, en Turquie. La Commission européenne attend des résultats de laboratoires concernant la Roumanie où des soupçons existent aussi. Pour la Turquie, Bruxelles a rapidement décidé d’interdire l’importation de tous les oiseaux et de tous les autres produits issus des volailles, à l’exception de certaines viandes dont le traitement tue le virus de la grippe aviaire. De telles mesures pourraient être prises pour la Roumanie si toutefois des cas sont avérés suite aux tests scientifiques en cours de réalisation.

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Les volumes touchés par les mesures d’embargo seraient de plus de 6500 tonnes pour la Roumanie. Ce qui représente environ 17,5 millions d’euros en valeur. L’impact de l’embargo imposé à la Turquie est nettement plus réduit : seul 124 000 euros de marchandises sont bloqués. Cet embargo des produits turcs devrait d’ailleurs être maintenu, indique un proche du dossier, avant une réunion, le 12 octobre, du groupe d’experts vétérinaires chargé de cette question.