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Épizooties La grippe aviaire recule sauf en Egypte et en Indonésie

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À l’occasion de sa conférence de bilan de l’année 2009, l’Organisation mondiale de la santé animale a indiqué que l’épidémie de grippe aviaire était en perte de vitesse. Deux pays restent fortement infectés : l’Indonésie et l’Egypte. L’OIE a également annoncé l’éradication prochaine de la peste bovine.

Le nombre de cas d’Influenza aviaire hautement pathogène (H5N1 principalement) a de nouveau connu une forte diminution en 2009 après le pic de 2007, a annoncé l’OIE (Organisation mondiale de la santé animale) jeudi 7 janvier. « En 2009, 17 pays ont notifié des foyers et les ont efficacement jugulés », a précisé le directeur général de l’OIE, Bernard Vallat, à l’occasion d’une conférence de presse. Au total 70 pays ont été touchés par H5N1 depuis le début de l’épizootie et dans deux pays, l’Indonésie et l’Egypte, la maladie continue à être endémique. Pour Bernard Vallat, « cette situation est imputable à des problèmes de gouvernance. C’est politique ! Ce sont les deux pays qui ont reçu le plus d’aide mais il faudrait donner plus de pouvoirs aux régions pour harmoniser les mesures ». Dans ces deux États membres de l’OIE, la multitude de petits élevages familiaux qui fait partie de la culture servent de réservoir au virus. À l’inverse, la Chine et le Vietnam, qui ont mené d’importantes campagnes de vaccination, sont parvenus à contenir la maladie. Mais ces opérations sont coûteuses, notamment car l’efficacité du vaccin ne dure que 6 mois. Ces deux pays cherchent donc à mettre en place des stratégies de détection précoce et de blocage des cas. Une grande conférence internationale sera organisée en avril au Vietnam pour maintenir la pression internationale sur la question. « Cette crise de la grippe aviaire nous a au moins permis d’améliorer le système mondial de prévention des maladies animales », s’est félicité le directeur général de l’OIE.

Un groupe d’experts sur les abeilles
Concernant la grippe H1N1 une vingtaine de pays a notifié en 2009 des cas dans des élevage porcins. « Chez le porc ce n’est pas une épizootie, en comparaison avec la vitesse de propagation chez l’homme. La contamination des animaux se fait de l’homme vers l’animal, c’est pourquoi nous conseillons quand même des mesures de biosécurité », a précisé Bernard Vallat. Aucune infection du porc vers l’homme n’a jusqu’à ce jour été décrite. L’OIE prévoit en 2010 de se pencher sur la santé des abeilles. Un groupe d’experts internationaux va commencer à se réunir à la fin du mois de janvier pour apporter sa pierre à la réflexion sur le déclin mondial des populations de butineuses. « Il n’est pas impossible que l’on arrive à mettre sur pied un observatoire mondial de suivi des colonies d’abeilles en collaboration avec la FAO (Organisation mondiale pour l’alimentation) », a souligné le directeur général de l’OIE.

Viande et gaz à effet de serre
L’OIE espère d’ici 2011 annoncer l’éradication totale de la peste bovine. Une maladie qui a longtemps menacé la sécurité alimentaire de la planète et dont une épidémie importante en 1924 en Europe est à l’origine de la création de l’OIE. Jusqu’à présent, le seul virus à avoir été complètement éradiqué au niveau mondial est celui de la variole humaine. Les autres maladies animales principales recensées en 2009 sont les pestes porcines classique et africaine, la fièvre aphteuse, la fièvre catarrhale ovine, et la maladie de Newcastle qui décime 40% des volailles en Afrique. Enfin, l’Organisation va se pencher sur les impacts de l’élevage sur le changement climatique. Avec l’augmentation de la consommation de viande, de lait et d’œufs dans les pays émergents, la demande mondiale en protéines va croître de 50% d’ici 2020. Cette réflexion est lancée à la demande de ces États membres qui souhaitent que l’OIE prenne place dans ce débat.

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