Le maïs et le soja décrochent, le blé suit le mouvement : la guerre commerciale lancée par le président américain Donald Trump a semé un « vent de panique » sur les marchés agricoles mondiaux, rapportent des analystes à l’AFP le 5 mars. En dix jours, le maïs a perdu plus de 11 % à la Bourse de Chicago, tombant mardi soir à 4,36 dollars le boisseau, son plus bas niveau depuis la mi-décembre. Sur la même période, le blé plongeait de 12 %, à 5,9 dollars, tandis que le soja reculait de plus de 5 %, sous les 10 dollars, au plus bas depuis janvier. « Les fonds d’investissement, qui avaient beaucoup misé sur le maïs, liquident leurs positions », justifie l’un des experts contactés par le média, Arlan Suderman, du cabinet de courtage StoneX Financial. Les droits de douanes états-uniens visent leurs principaux clients : le Mexique, qui a acheté en 2024 pour 5,6 milliards de dollars (Md$) de maïs, soit 40 % des exportations américaines de grain jaune, et la Chine, qui a acquis près de 13 Md$ de soja, soit plus de la moitié des exportations américaines de la graine oléagineuse l’an dernier, rappelle l’AFP. Ces pays répliquant, ils risquent de réduire leurs importations de marchandises états-uniennes. Les fonds anticipent donc ces actions, en vendant massivement, principale source de pression sur les valeurs.
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Concernant la Chine, Arlan Suderman estime que la situation ne changera guère à court terme : les achats de soja américain par Pékin avaient déjà ralenti et c’est la graine brésilienne, tout juste récoltée et moins chère, qui sera privilégiée dans les achats chinois « pour les six à huit prochains mois ». Pour Dewey Strickler, d’Ag Watch Market Advisors, les surtaxes annoncées par Pékin sur le soja américain sont avant tout « un outil pour essayer d’entamer des négociations ». La situation sera plus compliquée pour le Mexique et le Canada, qui pourraient – comme les États-Unis – voir cette crise favoriser l’inflation chez eux.