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Prix/Produits laitiers La hausse de la collecte fait baisser les prix du lait

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Sur la campagne achevée en avril 2012, les prix des produits laitiers industriels ont connu une forte réduction. Alourdi par un attentisme des acheteurs et une hausse de la collecte mondiale, les cours devraient néanmoins rebondir à l’entame de l’été, estime la Commission européenne. Mais l’incertitude persiste sur la fin de l’année avec le retour de la Nouvelle-Zélande et de l’Australie sur le marché mondial.

Les cours de la poudre de lait « connaissent une nette baisse depuis l’automne », avertit Gérard You, économiste à l’Institut de l’élevage. « On n’est pas sur un décrochage, mais le marché est lourd », tient-il à tempérer, tout en concédant néanmoins que « les clignotants sont à l’orange ». En effet, de 2 400 €/t, il y a un an, le prix de la poudre de lait a atteint les 2 050 €/t à la mi-avril. « Cette tendance baissière s’est ralentie, et les prix restent au-dessus du prix d’intervention », précise tout de même l’économiste. Fixé à 1 747 €/t, ce prix d’intervention provoque un mécanisme d’achat et de stockage par les pouvoirs publics, ce qui permet de soutenir les cours. En attendant, la spéculation fait son œuvre et maintient une pression sur les prix du lait. « Les acheteurs sont dans une position attentiste en attendant de nouvelle baisse des cours », affirme Gérard You.

Une production qui rattrape la demande
Mais les fondamentaux tirent eux aussi le marché à la baisse. Séduits par des prix élevés d’achat du lait aux producteurs, les éleveurs ont en effet fortement densifié leur production. Sur la campagne qui vient de s’achever, la collecte a augmenté de 2,2% en Europe, 4% aux Etats-Unis et de 10% en Argentine et en Nouvelle-Zélande. Or dans le même temps, les exportations européennes de poudre ont stagné, tandis que les exportations de beurre ont chuté de plus de 30% par rapport à l’an dernier. Résultat : « En ce début d’année, on est sur un disponible de lait supérieur à la demande solvable », regrette Gérard You. La question que se posent désormais les opérateurs est de savoir si ce trou d’air sera permanent ou saisonnier.

Pas de quoi s’alarmer estime la Commission européenne
Selon la Commission européenne, au 2e semestre, une fois le pic de production de la zone nord dépassé, l’équilibre du marché devrait s’améliorer. En outre, les prix élevés des céréales devraient pousser certains éleveurs à abandonner la production laitière pour avoir des prix plus rémunérateurs avec des grandes cultures, ce qui réduirait par conséquent la production mondiale de lait. Néanmoins, deux éléments restent incertains. Dès l’automne prochain, la Nouvelle-Zélande (premier producteur mondial) et l’Australie connaîtront à leur tour un pic de production. En outre, en Europe, la collecte a certes fortement augmenté, mais excepté les pays du Nord, les producteurs européens restent encore en sous réalisation de leur quota. « On peut attendre une nouvelle hausse de la collecte européenne de +1 ou +2% sur la prochaine campagne », anticipe d’ailleurs Gérard You.

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