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Négociations commerciales La hausse du prix du lait continue d’envenimer les débats dans la filière

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Les éleveurs haussent le ton face aux industriels pour demander l’application de la hausse du prix du lait proposée par le médiateur des relations commerciales. La distribution, qui a consenti à payer une augmentation, leur demande également de s’engager rapidement.

«La revalorisation du prix du lait d’au moins 25 euros les 1 000 litres est non négociable », gronde la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) dans un communiqué du 21 mai 2013, alors que les industriels de la transformation laitière tergiversent pour augmenter le prix du lait, comme convenu dans la médiation mise en place par le ministère de l’Agriculture. « Le fondement de cette médiation est la revalorisation des prix payés à la production », rappelle la FNPL, qui « demande à la transformation laitière française de faire preuve de responsabilité». Les éleveurs précisent que « la revalorisation du prix du lait ne peut se faire sous forme d’avances », alors que c’est le mode choisi par la plupart des entreprises, qui disent attendre le paiement des hausses par la grande distribution. « Cette échappatoire imaginée par les transformateurs n’est pas digne d’une relation équilibrée entre un client et son fournisseur », commente la FNPL, qui « n’exclut pas d’éventuelles actions » contre ceux qui ne voudraient pas payer. Jeudi 23 mai, des éleveurs sont passé des paroles aux actes, en bloquant des camions de collecte du groupe Bel, à Savigny-sur-Braye en Loir-et-Cher, pour exiger l’augmentation nette de 25 euros, alors que Bel ne leur avait accordé qu’une avance de 20 euros à rembourser en fin d’année.
Malgré tout, « il n’est pas question que la grande distribution puisse revenir sur des choses qui se sont négociées il y a 6 mois », ajoute Thierry Roquefeuil, président de la FNPL. Il évoque la question du lait de consommation, dont les modalités d’application de la hausse posent problèmes, car il exclut les négociations antérieures à la médiation.
« Qui des transformateurs ou de la distribution prend la plus grosse marge, on n’en sait rien », réagit Laurent Pinatel, éleveur dans la Loire et nouveau porte-parole de la Confédération paysanne. « Mais on est très attaché au rôle d’arbitre de l’état. Il doit siffler la fin de la récré ! »

La distribution souligne ses efforts

De l’autre côté de la chaîne, les enseignes de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), qui ont annoncé qu’elles mettraient en application le dispositif, demandent « aux industriels de s’engager dans les plus brefs délais pour une hausse des prix payés aux producteurs laitiers », dans un communiqué du 17 mai 2013. Sans l’accord formel des transformateurs, « les éleveurs laitiers n’ont aucune assurance que les hausses leur seront intégralement reversées, ce qui est l’objectif des engagements des enseignes ». La FCD souligne « que cette hausse exceptionnelle, consentie pour faire face aux difficultés des éleveurs laitiers, représente un effort très important dans un contexte économique particulièrement difficile, avec une baisse historique du pouvoir d’achat des Français et de la consommation, notamment de produits alimentaires ».

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