Le gouvernement néerlandais, dans une lettre au parlement, et l’opposition chrétienne-démocrate allemande, dans son manifeste pour les élections de septembre, envisagent un cofinancement national obligatoire de la Pac, tout en affirmant ne pas vouloir remettre en cause l’accord d’octobre 2002 sur les plafonds financiers de cette politique pour la période 2007-2013. Pour sa part, le président français Jacques Chirac a averti qu’il n’était « pas disposé à faire la moindre concession » sur la Pac.
L’instauration d’un cofinancement obligatoire des aides directes agricoles par les quinze anciens États membres serait une « possibilité intéressante » pour réduire la contribution nette du pays au budget communautaire, estime Cees Veerman, le ministre néerlandais de l’Agriculture, dans une lettre adressée au parlement au nom du gouvernement. Suggérant un taux de 25 % à la charge des trésors nationaux des Quinze, M. Veerman se garde bien, toutefois, de préconiser la réouverture de l’accord de 2002 sur les plafonds budgétaires de la Pac pour les prochaines perspectives financières de l’UE 2007-2013.
« Bien sûr, l’agriculture européenne est importante et nous devons tenir compte du bien-être des agriculteurs européens et de leurs familles. Cependant, le système actuel, dans lequel un grand ruisseau d’argent passe par Bruxelles, est indéfendable au xxie siècle », écrit par ailleurs le Premier ministre néerlandais, Jan Peter Balkenende, dans une tribune publiée le 13 juillet par le quotidien polonais Gazeta Wyborcza.
En Allemagne, la CDU (Union chrétienne-démocrate) évoque également le concept du cofinancement obligatoire des aides directes de la Pac dans son manifeste pour les élections de septembre dont, selon les sondages, elle devrait sortir vainqueur. La CDU ne remet pas pour autant en cause l’accord de 2002 et prône le maintien d’un « modèle agricole européen économique, écologique et socialement durable ».
Six perdants
En annexe à sa lettre au parlement, le ministre néerlandais de l’Agriculture fournit des estimations montrant que « seulement » six États membres (Danemark, Espagne, France, Grèce, Irlande, Portugal) seraient perdants sur le plan budgétaire en cas de cofinancement obligatoire des aides directes de la Pac à 25 % par les budgets nationaux des Quinze, les principaux gagnants étant l’Allemagne et le Royaume-Uni.
Ces estimations sont les suivantes :
– Belgique +110,7 millions d’euros (économies), soit 0,03 % du PNB.
– Danemark -100,6 Meuros (pertes), soit 0,05 % du PNB.
– Allemagne +678,2 Meuros (0,03 % du PNB).
– Grèce -451,7 Meuros (0,30 %).
– Espagne -528,2 Meuros (0,07 %).
– France -648,5 Meuros (0,04 %).
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– Irlande -195,8 Meuros (0,23 %).
– Italie +134,5 Meuros (0,01 %).
– Luxembourg +11,6 Meuros (0,05 %).
– Pays-Bas +168,8 Meuros (0,03 %).
– Autriche +43,8 Meuros (0,02 %).
– Portugal -23,8 Meuros (0,02 %).
– Finlande +22,8 Meuros (0,01 %).
– Suède +62,3 Meuros (0,02 %).
– Royaume-Uni +429,6 Meuros (0,03 %).
– dix nouveaux États membres +286,4 Meuros (0,07 %).