Le tribunal administratif de Rouen a annulé un arrêté préfectoral autorisant l'exploitation d'un site de stockage de phytos classé Seveso seuil haut au nord de Rouen, a-t-on appris le 30 octobre. Il avait été saisi en avril 2018 d'une requête en annulation de cet arrêté du 21 juin 2017 par l'Association de défense des cinq communes du plateau de Buchy. L'arrêté autorisait la société Odièvre, filiale du groupe coopératif Cap Seine, à stocker jusqu'à 4 150 t de phytos à Vieux-Manoir. Le dossier avait été examiné par le tribunal deux semaines après l’incendie de Lubrizol à Rouen le 26 septembre. Dans sa décision du 24 octobre, le tribunal estime qu'un risque d'accident lié à l'activité du site serait susceptible « de causer des dommages graves ou irréparables aux personnes et aux biens », rappelant qu'un élevage avicole, trois maisons et une gare sont situés « à moins de 300 m du site ». Le tribunal a également estimé que l'installation ne respectait pas le Plan local d'urbanisme de Vieux-Manoir, qui interdit l'implantation d'installations classées présentant des risques sanitaires en cas d'accident. L'appel n'est pas suspensif.
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« Nous allons devoir batailler sur le long terme pour faire interdire cette installation, car le préfet va probablement prendre un arrêté d'autorisation provisoire », a réagi l'avocat des requérants, Benoist Busson, auprès de l'AFP. Lors de l'audience, le rapporteur public avait requis l'annulation, estimant qu'en cas d'incendie, la dispersion de produits dits nocifs était « susceptible d'entraîner des pollutions de l'air nocives ». S'appuyant sur un rapport du BRGM, l'avocate de l'association, Me Melodie Lemire, avait argué que le site se trouvait au niveau d'une nappe phréatique qui est aussi « la principale réserve d'eau de la région ». Le représentant de la préfecture de Seine-Maritime avait admis l'existence d'un risque mais dit que « le préfet (avait) considéré qu'il était suffisamment pris en compte par l'exploitant ».