Le tribunal administratif de Clermont-Ferrand a examiné, le 26 mars, le cas du décès d'un ancien salarié de l'Inra exposé aux pesticides. La décision du tribunal a été mise en délibéré.
Le tribunal administratif de Clermont-Ferrand va devoir statuer sur le lien potentiel entre le décès d'un ancien salarié de l'Inra (Institut national de recherche agronomique) et les produits phytosanitaires qu'il a manipulés durant sa carrière, rapporte l'AFP, le 26 mars. L'homme est mort d'une maladie du sang en 2013. La décision du tribunal sur les causes du décès a été mise en délibéré. « Il a été exposé autant, voire plus qu'un agriculteur car il utilisait neuf mois de l'année, dix heures par jour, des produits phytosanitaires », soutient Me François Lafforgue, spécialisé dans la reconnaissance des maladies professionnelles, « il était le nez dans les pesticides ». Ces derniers contenaient, notamment, « du benzène (le lien avec les maladies professionnelles est reconnu) et des principes actifs qui sont quasiment tous interdits ou retirés du marché », explique le spécialiste. Plusieurs anciens salariés de l'Inra, « répartis sur toute la France », devraient également « déposer leurs dossier », selon le spécialiste. Pour l'heure, l'Inra n'a confirmé que le cas en cours.
« Nous avons pu faire reconnaître le lien entre les pesticides et les maladies contractées par des agriculteurs, des salariés agricoles ou de l'agroalimentaire, mais nous n'avions jamais eu encore le cas de fonctionnaires de l'Inra », relève Me François Lafforgue. Et si la justice doit encore se prononcer, les médecins, eux, semblent s'être mis d'accord. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) vient de classer cinq pesticides comme cancérogènes probables ou possibles (1). Néanmoins, la Confédération paysanne déplore le manque de communication sur la santé des agriculteurs exposés aux pesticides. « Le sujet est souvent abordé sur l'angle des conséquences environnementales », explique Emmanuel Aze, responsable de la commission fruits et légumes à la Confédération paysanne, lors d'une conférence de presse à Bagnolet, le 26 mars.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
(1) Voir, dans ce numéro, l'article « Le glyphosate, classé cancérogène probable »