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Confédération paysanne La LMA n’améliorera pas le revenu des paysans, estime la Confédération paysanne

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La Confédération paysanne est sans illusion sur la loi de modernisation agricole. Pour le syndicat agricole, cette loi n’améliorera pas le revenu des agriculteurs. La Confédération propose une série d’amendements et regrette que le pluralisme syndical dans les interprofessions n’ait pas été adopté.

«L’observatoire des prix et des marges devrait définir des prix indicatifs » pour les paysans, a estimé le 8 juin Philippe Collin, porte-parole de la Confédération paysanne à propos de la loi de modernisation agricole qui vient d’être adoptée par le Sénat et passera bientôt à l’Assemblée nationale. Selon Philippe Collin, cet observatoire devrait être en mesure de suivre les coûts de production et donc de définir des prix agricoles minimum qui pourraient être inclus dans les futurs contrats entre agriculteurs et acheteurs que la loi vise à instituer. Mais, d’une manière générale, le syndicat émet des doutes sur la portée des contrats liant les agriculteurs aux metteurs en marché. « La contractualisation ne peut pas remplacer une politique agricole », explique-t-il dans un document sur les amendements proposés : « Elle ne peut réguler ni les prix ni les volumes ».

Garder le fonds de garantie contre les calamités
Quant à l’assurance agricole, la Confédération y voit surtout le versement de beaucoup d’argent public au profit de quelques sociétés d’assurance. Il eut mieux fallu ne pas réduire la portée du fonds de garantie contre les calamités agricoles, explique le syndicat en substance.
Très déçue de ne pas voir le pluralisme dans les interprofessions institué par la loi, la Confédération estime que le ministre de l’Agriculture a, sur ce point, tourné le dos à ses positions antérieures. « Bruno Le Maire a avalé son chapeau », ironise Philippe Collin.

Les fermages indexés sur les prix à la consommation
Autre regret : que les fermages se voient indexés sur les prix à la consommation, « ce qui avantagera les propriétaires agricoles », selon Philippe Collin. En ce qui concerne le statut d’exploitant, la Confédération souhaite que l’accès au statut d’agriculteur soit élargi, en référence non à la demie-SMI mais à un nombre d’heures. Il y a une explosion de projets aujourd’hui, explique Philippe Collin, qui méritent de pouvoir être concrétisés.
Le traitement du foncier dans la loi fait également l’objet de critiques de la part de la Confédération. Selon le syndicat, la taxe sur les mutations de terres destinées à l’urbanisation « ne dissuadera personne ». En revanche, aucune mesure ne permet un meilleur accès au foncier, regrette le porte-parole de la Confédération. Malgré tous ces regrets, le syndicat restera très attentif au déroulement des discussions parlementaires sur la LMA. La Confédération n’exclut d’ailleurs pas une action syndicale à cette occasion.

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