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La logistique céréalière en perte de vitesse

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La filière céréalière française cherche des solutions pour enrayer sa perte de performance logistique. L’étude coréalisée par FranceAgriMer et Ceresco prône par exemple davantage de coopération entre les organismes stockeurs.

Lors de la matinée logistique organisée par Intercéréales le 27 novembre, Romain Joya, consultant au sein du cabinet d’études Ceresco, a présenté les premiers résultats d’une étude à paraître début 2026 sur l’évaluation des coûts de la chaîne logistique céréalière, coréalisée avec FranceAgriMer (FAM) et actualisant celle de 2019. Il en ressort un déclin de la compétitivité céréalière française sur le plan logistique. Les raisons de cet effritement de la compétitivité hexagonale sont multiples : le vieillissement des silos, la multiplication des cahiers des charges obligeant à alloter davantage, précocité et brièveté des collectes, inflation liée notamment à la guerre en Ukraine, etc. À titre illustratif, il ressort de l’étude que les coûts de stockage et de travail du grain s’élèvent, en moyenne pondérée, à 18,8 euros par tonne collectée (€/t) en 2023, contre 10,3 €/t en 2019. Néanmoins, ce chiffre est à prendre avec prudence, au vu de l’hétérogénéité des situations. Par exemple, un OS collectant du maïs aura des frais logistiques plus élevés, en raison des besoins en séchage du grain. Aussi, un OS détenant de silos portuaires pourra massifier les flux et réduire ses coûts.

Un quart des silos à renouveler dans la décennie à venir

Estimant qu’environ un quart des silos seront à renouveler dans les 10 à 15 prochaines années, les auteurs de l’étude proposent diverses solutions pour enrayer le déclin de la compétitivité française. Parmi elles, on retrouve l’intensification de la coopération être les OS, incluant notamment la création de « hubs logistiques ». Les besoins d’investissement étant énormes, les OS auront bien du mal à supporter les coûts si elles font cavalier seul. La fermeture de silos supplémentaires obsolètes paraît également difficilement évitable.

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La Coopération Agricole Métiers du Grain travaille déjà sur ce besoin de rénover les silos hexagonaux, via son plan infrastructure 2030. La filière rappelle par ailleurs la nécessité de réduire la dépendance nationale envers le camion, plus onéreux et moins vertueux sur le plan environnemental. En ce sens, rappelons qu’Intercéréales et la SNCF avaient signé une convention lors du SIA 2025, en vue d’augmenter la part du ferroviaire dans le transport de céréales françaises. Des résultats préliminaires seront présentés lors du SIA 2026. Du côté du fluvial, Cécile Avezard, directrice générale de Voies Navigables de France (VNF), s’est déclarée « très ouverte » à la signature d’un partenariat semblable avec l’interprofession céréalière.

KC

VNF se montre très ouvert à travailler avec Intercéréales pour développer le transport fluvial