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François Lucas (Coordination rurale) « La loi de modernisation doit traiter la question du photovoltaïque »

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La question du photovoltaïque sur les sols agricoles doit être traitée dans le cadre de la future loi agricole, estime François Lucas, président de la Coordination rurale. Ces investissements, selon lui, doivent être sérieusement encadrés. Agra poursuit son questionnement aux principaux syndicats agricoles sur le sujet.

Faut-il laisser libre, encadrer ou interdire, la pose de capteurs photovoltaïques sur les sols agricoles ?
Il faut l’encadrer car des projets en tous genres fleurissent sans cadre réglementaire approprié pour sécuriser les porteurs de projets (propriétaires, exploitants agricoles, vendeurs de panneaux photovoltaïques). Cela n’est pas tenable. Se posent ainsi les questions de l’impact sur l’environnement (écoulements d’eau, entretien des terres), mais aussi sur la capacité productive de l’agriculture, en évaluant notamment la possibilité de retour des terres à l’activité agricole après installation des panneaux. Cela suppose une analyse fine, car il n’y a pas le même impact selon que les terres sont très fertiles ou pauvres et arides. Nous avons d’ailleurs demandé au ministre de l’Agriculture de profiter de l’opportunité de la future loi de modernisation agricole pour traiter ce sujet.

Certaines régions subventionnent la pose de capteurs photovoltaïques sur les toits des bâtiments et d’autres non. Faut-il une politique nationale unique dans ce domaine ?
Nous avons en effet besoin d’une politique nationale qui crée un cadre commun pour l’ensemble du territoire. Il est cependant souhaitable que les régions, voire les départements, interviennent également dans ce domaine pour compenser des handicaps locaux, notamment en termes de niveau de revenus agricoles.

Encourageriez-vous les agriculteurs à investir dans ce complément d’activité ?
Nous ne les encourageons pas, ni ne leur déconseillons. Face à la très grande hétérogénéité des situations des agriculteurs et des propositions d’investissements qui leur sont faites, nous les invitons à la prudence et à la réflexion. En effet, de nombreuses questions se posent tant sur le plan juridique qu’économique ou politique. Dans une conjoncture agricole sans aucune visibilité, il convient de prendre toutes les précautions et les bons conseils avant de s’engager personnellement mais aussi d’engager ses successeurs et ses ayant droits sur des durées de 15, 20, voire 25 ans.

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