Abonné

Commerce international La machine OMC à nouveau enrayée

- - 3 min

Quelques semaines avant Hong Kong, du 13 au 18 décembre, les positions de négociation des grands pays de l’OMC semblent figées. L’ambassadeur Falconer, meneur de la négociation agricole, devait présenter un accord sur le volet agricole, le 25 novembre. Soit à une date trop tardive techniquement pour permettre une amélioration des offres de la part de l’Inde, du Brésil ou des Etats-Unis avant la mi-décembre. Sauf volonté stratégique de dernière minute visant à emballer le processus de négociation. Ce choix ne semble pas être retenu par Pascal Lamy, le chef de l’organisation internationale.

Les négociations internationales à l'OMC s’acheminent, sauf emballement de dernière minute, vers une opération cosmétique permettant de masquer un échec trop retentissant. A présent, les grands négociateurs cherchent un consensus a minima. Ils veulent concentrer la ministérielle de Hong Kong sur le développement faute d’accord agricole. Ils pourraient donc se contenter de mesures internationales permettant de faciliter le commerce des pays sous développés : l’extension des accords européens « Tout sauf les armes » et des avancées sur le commerce du sucre, de la banane ou du coton.

La France n’exclut pas une révision du mandat

Une solution qui semble convenir à la diplomatie française soucieuse de ne pas apparaître comme l’adversaire des pays pauvres en bloquant toute nouvelle concession européenne sur le volet agricole. « Nous sommes satisfaits de la façon dont les choses se présentent», s’est félicitée Christine Lagarde, la ministre au commerce extérieur, après un dîner avec ses homologues européens à Bruxelles, le 21 novembre. Elle ne pense pas qu’il y ait un « échec absolu et un blocage complet », en décembre. Mais sur le dossier agricole, la chef de file du commerce extérieur français est pessimiste. Il ne devrait pas y avoir d’accord « sur les chiffres et les fourchettes » ni de modification sur les sujets sensibles.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Alors que Peter Mandelson met en cause son mandat de négociation, trop exigu pour permettre une relance des négociations, Mme Lagarde souligne le caractère global, conditionnel, final et équilibré de la proposition faite le 28 octobre par le commissaire au Commerce avant Hong Kong. Après, « tout est possible ». La ministre n’exclut pas une renégociation du mandat du négociateur européen pour lui donner plus de marge de manœuvre en cas de mouvement conséquent de l’Inde, du Brésil ou des Etats-Unis sur l’agriculture mais aussi sur les services ou les produits industriels.

L’UE sans grands soutiens

Mme Lagarde rappelle d’ailleurs que la France n’a pas qu’un intérêt défensif dans ces négociations. C’est par exemple le cas dans le domaine des produits alimentaires transformés pour lesquels des accès aux marchés vers certains pays asiatiques, l’Indonésie ou la Malaisie, seraient les bienvenues. La distribution attend aussi le déblocage d’un mastodonte démographique, l’Inde, pour s’y développer. Reste que, avant toute concession, les autres pays attendent de l’Union européenne qu’elle poursuive sur le chemin de la libéralisation de son agriculture, à de rares exceptions près comme le Japon.