Le déficit de l’offre de surimi, accentué par la réduction du quota de pêche de Colin d’Alaska et par une demande mondiale croissante, a provoqué une envolée des cours de 70 % sur la matière première. Le syndicat des fabricants français, l‘Adisur, prévient que cette tendance est bien partie pour durer.
La demande de surimi n’a jamais été aussi forte, atteignant au niveau mondial quelque 600 000 tonnes pour 2008, au moment où précisément l’offre va à l’inverse se réduire, provoquant un déficit de près de 20 % par rapport aux besoins. L’Adisur (association française pour le développement des industries du surimi) tire la sonnette d’alarme au vu des tensions déjà manifestes sur les prix du surimi base. L’offre ne devrait pas dépasser les 500 000 tonnes cette année sous l’effet de plusieurs facteurs : la révision à la baisse du quota de pêche de Colin d’Alaska, qui est passé de 1,3 million de tonnes en 2007 à 1 MT seulement en 2008 (-28 %), un grave déficit de pêche de chinchard au Chili pour des raisons climatiques, l’augmentation du prix du gazole pêche, qui, notamment en Asie, freine les sorties des pêcheurs dont la trésorerie ne permet pas d’avancer le coût du carburant.
En conséquence, les prix de la matière première, qui étaient déjà en hausse de 15 % à mi-novembre 2007, ont à nouveau très fortement progressé depuis le début de l’année : les offres s’inscrivent maintenant à un niveau supérieur de 70 % (en dollars US) à ce qu’ils étaient mi-2007.
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Concurrence des fabrications de poissons panés
Et la tendance va se poursuivre, prévoit l’Adisur, car les stocks mondiaux de surimi base, principalement japonais et européens, sont au plus bas, la demande reste soutenue car les marchés de produits transformés à base de surimi et de poisson se développent bien en Europe de l’Est et de l’Ouest, tout comme en Asie du Sud-Est – le Japon en consomme plus de 300 000 tonnes - ou dans des pays comme la Malaisie, la Chine ou la Thaïlande développent un fort appétit pour ces protéines marines. Parallèlement, la demande en filets de poissons congelés reste forte également, ce qui accroît la concurrence, pour l’accès à la matière première, entre les fabricants de surimi et ceux de l’industrie des poissons surgelés (panés, etc…)
La filière en France rassemble les fabricants de bâtonnets et autres préparations à base de surimi, ainsi que leurs partenaires de la filière : pêcheurs, fournisseurs de surimi base, fournisseurs d’ingrédients. Le marché français qui n’a cessé de se développer depuis le début des années 80, a connu en 2006 un niveau record à 52 200 tonnes, dont 85 % sont fournis pas les fabricants français. La France est le premier marché européen pour le surimi, devant l’Espagne (35 000 t).