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UE/Russie La menace d’un embargo généralisé se dissipe

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La Russie ne devrait pas imposer un embargo total sur la viande européenne comme elle avait menacé de le faire à partir du 1er janvier prochain en raison de l’élargissement de l’UE à la Roumanie et à la Bulgarie. Au terme de négociations à Moscou, le 19 décembre, Markos Kyprianou, le commissaire européen chargé de la santé et de la protection des consommateurs a annoncé être parvenu à un accord de principe avec le ministre de l’agriculture Alexei Gordeev pour « sécuriser » les échanges.

Tant que rien n’est signé formellement, le commissaire Markos Kyprianou reste prudent. Mais, après à une journée de négociations, à Moscou, avec le ministre de l’agriculture russe Alexei Gordeev, le 19 décembre, il est parvenu à écarter la menace que Moscou faisait planer depuis novembre, d’un embargo sur les exportations européennes de viande vers la Russie. « Nous acceptons les assurances que les produits d’origine bulgare et roumaine interdits d’importation en Russie ne seront pas livrés par des pays tiers membres de l’UE », a indiqué le ministre russe de l’agriculture à l’issue de la rencontre, insistant sur le fait que seuls les produits autorisés provenant d’entreprises accréditées seront acceptés.

Normes sanitaires strictes

Quelque peu irrité de voir l’Europe intégrer peu à peu des pays de l’ancien bloc soviétique, Moscou avait prévenu les Européens qu’ils pourraient pâtir de l’incapacité de Sofia et de Bucarest de faire respecter des normes sanitaires strictes pour les entreprises agroalimentaires. Un coup d’arrêt aux échanges de produits carnés pourrait intervenir à partir du 1er janvier prochain, date de l’adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie à l’UE, avaient prévenus les services vétérinaires russes, dans un courrier adressé à la Commission début novembre.

La Russie reproche surtout aux deux pays de ne pas contrôler l’épizootie de peste porcine.

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Depuis plusieurs semaines, les Vingt-cinq ont multiplié les signes de bonne volonté à l’égard de Moscou, faisant adopter par leurs experts vétérinaires d’innombrables mesures de précautions destinées à garantir la perméabilité totale du marché intérieur européen à tous les produits roumains ou bulgares non conformes aux normes sanitaires les plus strictes. Dans le même temps, face à la volonté russe de semer la zizanie en passant des accords bilatéraux avec les Etats membres de l’UE dans le domaine vétérinaire, les Européens ont affiché, quelques heures avant le début des pourparlers à Moscou le 19 décembre, leur complète solidarité.

Signature d’un mémorandum le 18 janvier

Selon la Commission, des contacts entre experts européens et russes ont déjà débuté pour rédiger un mémorandum en vue de sa signature officielle à Berlin, le 18 janvier lors de la semaine verte. Le commissaire Kyprianou aurait préféré ne pas attendre cette date et espère signer au plus vite un document permettant de graver dans le marbre l’accord de principe.