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Régulation La mise en place du VCI pour les vins blancs secs est sur les rails

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La mise place du Volume complémentaire individuel (VCI) pour les vins blancs secs, qui permet aux producteurs de produire au-delà de leur volume annuel pour compenser les années faibles, est sur les rails. Après des années d’expérimentation, ce mécanisme est prêt à entrer en vigueur au niveau national, a indiqué l’Institut national de l’origine et de la qualité (INAO) le 26 juin.

Expérimenté dans le vignoble du Chablis depuis 2005 sur les vins blancs secs, le système du VCI entrera prochainement en vigueur au plan national, pour toutes les appellations qui en feront la demande, a indiqué Christian Paly, le président du comité national des AOC viticoles, qui s’est réuni le 26 juin. Le VCI est un outil de mise en réserve pour lisser la production au fil des années.
Une trentaine d’appellations ont déjà déposé leurs demandes à l’INAO, principalement situées en Val de Loire, Bourgogne et Vallée du Rhône.
Pour que le mécanisme démarre, un décret encadrant les modalités générales de constitution d’un VCI est prévu. « Il sera prochainement publié au Journal officiel. Le ministère de l’Agriculture nous a indiqué que le texte sortira dans les temps pour être opérationnel au moment des vendanges », a précisé Christian Paly. Un autre décret fixera la liste des appellations pouvant recourir au dispositif. Enfin, chaque année, un arrêté autorisera les appellations pouvant recourir au système.
Le président du comité national des AOC viticoles a d’autre part fait remarquer que l’expérimentation de VCI pour les vins rouges dans le Bordelais « donne des résultats encourageants ».

L’irrigation passée au crible de la qualité

Par ailleurs, la réunion du comité a étudié une proposition de sa commission « irrigation », qui réfléchit aux moyens de prendre en compte le changement climatique tout en respectant la réglementation générale sur l’eau et la réglementation viticole. Celle-ci interdit l’irrigation du 15 août à la vendange. Les AOC et les IGP peuvent toutefois bénéficier de dérogations à condition que l’objectif soit de préserver la qualité du vin. En effet le stress hydrique, à partir d’un certain niveau d’intensité, détériore l’équilibre chimique du vin.
Un nouveau texte, à inclure dans le code rural, devra sortir, mais ce ne sera le cas que lorsque la réflexion aura abouti, a indiqué Bernard Angelras, président de la commission « irrigation » du comité et administrateur d’Inter Rhône. Quoi qu’il en soit, « le recours à l’irrigation entraînera un contrôle renforcé des parcelles irriguées et des techniques d’irrigation », a-t-il conclu.
Enfin cette réunion du comité national a étudié un rapport d’étape sur l’organisation des replis. Le repli est la possibilité pour les vignerons d’une appellation qui ne respectent pas un critère de pouvoir continuer à commercialiser leur vin, mais dans une partie hiérarchiquement inférieure de l’appellation. Par exemple, si telle année, des vignerons situés dans la partie « village » de l’appellation ne peuvent respecter un de leurs critères de qualité, ils pourront vendre encore sous l’appellation, mais en dénomination régionale et non plus communale. L’objectif du rapport d’étape est de préciser les bases d’une définition réglementaire du terme « repli », ce qui nécessitera un « toilettage » des textes du code rural sur cette pratique ancestrale.

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