Deux statisticiens du Scees (service de statistique agricole du ministère de l’Agriculture) et de Solagro ont fait une analyse sur l’évolution des pratiques de la monoculture. Résultat : forte hausse pour le maïs, mais recul pour le blé tendre.
Comment a évolué la monoculture de céréales en France depuis le début des années 80 ? Laurent Bisault, du Scees (service de statistique agricole du ministère de l’Agriculture) et Philippe Pointereau (Solagro) ont fait une analyse sur l’évolution des pratiques de la monoculture L’étude est disponible sur le site internet : www. solagro. org. Depuis les années 70, les surfaces de prairies ont reculé dramatiquement. De plus, la politique agricole commune a favorisé le maïs fourrage, a incité à délaisser les protéagineux et a poussé à la monoculture de maïs.
Entre 1970 et 2000, les surfaces de maïs ont augmenté de 82 % en France, principalement dans le Sud-Ouest et en Alsace, mais aussi dans les zones laitières de l’Ouest. De 1994 à 2003, la moitié des parcelles de grandes cultures landaises ont été utilisées neuf ou dix fois pour cette production, et 25 % dans le Haut-Rhin. La probabilité que deux cultures de maïs se succèdent sur la même parcelle est aujourd’hui de l’ordre de 90 % dans les Landes et dans les Pyrénées-Atlantiques. Elle est de 70 % en Alsace. Cette fréquence était déjà très élevée au cours de la décennie précédente (1981-1990) dans le Sud-Ouest (80 %), mais nettement inférieure en Alsace (40 à 50 %).
Un phénomène qui touche les régions d’élevage
Quand le maïs est destiné à l’ensilage, la monoculture est moins pratiquée, mais le maïs est tout de même fréquemment implanté deux années de suite. Ainsi, en Bretagne, 30 à 40 % des parcelles de maïs sont suivies par une autre culture de maïs. La fréquence est tout de même proche de 70 % dans la Manche. Ainsi, les surfaces en herbe sont passées de 50 à 60 % dans les départements bretons en 1970 à un peu moins de 40 % aujourd’hui.
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Le blé tendre davantage intégré à une rotation
Pour la monoculture de blé, la situation est différente. Ces dernières années, les hausses de surface en colza tendent à faire diminuer le blé tendre en monoculture. De plus, le développement du parasitisme avec de telles pratiques a toujours été un frein à son extension. La probabilité qu’une parcelle de blé soit suivie d’une autre parcelle de blé était supérieure à 30 % en Ile-de-France entre 1981 et 1990. Elle passe à 25 % de 1994 à 2003. La baisse est aussi constatée en Champagne-Ardenne et en Picardie. Actuellement, le blé tendre est implanté 5 années sur 10 dans le Bassin parisien (Ile-de-France, Eure-et-Loir, Oise, Eure).
Situation inverse pour le blé dur
Le blé dur est dans une situation inverse du blé tendre. Les successions de cultures blé dur-blé dur sont plus fréquentes que par le passé. Dans les pays méditerranéens, cette culture est désormais plus d’une fois sur deux suivie d’un autre blé dur. Le recul du tournesol, de l’orge et du soja dans les assolements tient d’abord de la revalorisation de l’aide au blé dur dans le cadre de la Pac de 1992, mais aussi de l’évolution comparée des cours du blé dur et des oléagineux.