Suite aux évènements finistériens où une caisse de la Mutualité sociale agricole a été incendiée le 19 septembre, Gérard Pelhâte, le président de la MSA, a annoncé à AgraPresse qu'il était prêt à mettre en place un plan de paiement pour aider les légumiers en crise.
Vous proposez un report des cotisations pour la filière légumes. Pouvez-vous en dire plus ?
Gérard Pelhâte : Nous pouvons effectivement passer cette année en proposant un report des cotisations dans le temps, sur un, voire deux ans si c'est nécessaire. Cela permettra à la filière d'intégrer ses cotisations sociales à un moment où elle ira mieux. L'objectif est de lisser dans le temps les effets yo-yo des revenus.
Pour les salariés agricoles, il existe déjà des abattements de cotisations très importants mais là aussi, on est d'accord pour faire des étalements de cotisation patronale. Par ailleurs, pour les jeunes, les chargés de famille, nous avons des outils pour prendre en charge quelques cotisations. Nous proposons donc des plans de paiements sans pénalité. Une trésorerie sans intérêt. J'ai bien conscience que ce n'est pas suffisant par rapport à la crise mais je n'empêcherai pas la pluie de tomber et je n'aiderai pas les marchés à se redresser. Par contre, notre part, nous l'assumons ! Les producteurs ne sont pas seuls face à leur difficulté, il ne faut pas qu'ils restent dans leur désarroi, c'est important qu'ils voient les portes ouvertes à la MSA.
Condamnez-vous l'incendie provoqué à la caisse de MSA ? Y-aura-t-il des sanctions ?
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Je condamne cette action, elle n'est pas admissible par la forme qu'elle a prise. Je condamne aussi les organisateurs. Cette année est une très mauvaise année pour les producteurs de légumes mais ça ne justifiait pas de brûler une agence MSA. Sur le côté « porter plainte », il y a un assureur qui verra vers qui se tourner pour réparer les dégâts.
Il est vrai que les cotisations sont une charge pour les agriculteurs. Je souhaite qu'il y ait des évolutions sur le système de financement de la protection sociale mais ce sont des dossiers qui commencent seulement à avancer, surtout pour les non-salariés agricoles.
Avez-vous eu des échanges avec le ministère de l'Agriculture sur le sujet ?
Oui, bien sûr. Je rappelle au ministère que les outils pour faire face aux crises ne sont pas suffisants. Les dotations pour aléas (DPA) devraient être plus élevées, plus utilisées pour réintégrer une année difficile. Il ne peut pas se passer 5 à 6 ans sans qu'il y ait une crise. Les charges MSA ne sont qu'une partie de la crise, le vrai problème c'est le prix de vente ou les destructions par la pluie. Mais nous resterons attentifs tout particulièrement à ceux qui ont des difficultés.