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FranceAgriMer La norme égyptienne sur le blé réduit les ambitions de l'export français

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L'application du taux d'humidité de 13% par les importateurs égyptiens réduit les ambitions de l'export français de blé tendre. Le conseil spécialisé céréalier de FranceAgriMer, qui s'est réuni le 12 février, a réduit de ce fait les prévisions d'exportations françaises de blé tendre vers l'Égypte pour la campagne 2013-2014.

LES professionnels céréaliers français sont sous le coup d'une décision de l'Égypte d'appliquer strictement un taux d'humidité de 13%, qui était jusqu'à lors peu contraignant. L'Égypte avait une norme de 13% d'humidité maximale pour le blé tendre, mais tolérait de fait un taux d'humidité jusqu'à 13,5%. Le 27 janvier cette tolérance a été supprimée. Le taux de 13% s'applique désormais strictement, a décrété le Gasc, l'agence d'État de l'Égypte, le 27 janvier.

Sur l'Égypte, 800 000 tonnes au lieu de 1,2 million de tonnes

Résultat, au lieu des 1,2 million de tonnes de blé tendre généralement admises par les professionnels pour évaluer le programme français d'exportation vers l'Égypte, il faut maintenant tabler sur 800 000 tonnes sur cette destination, a indiqué Olivia Le Lamer, chef de l'unité « grandes cultures » de FranceAgriMer, à l'issue du conseil spécialisé, le 12 février. La filière française revoit ses ambitions à la baisse, sachant que 60% des blés français contiennent plus de 13% d'humidité.

La demande soutenue du Maroc et surtout de l'Algérie, avec une absence de concurrents sur ce dernier marché, compense les replis annoncés en Égypte. Au bout du compte, le volume de 11,5 millions de tonnes d'export de blé tendre vers les pays tiers a été maintenu par ce conseil de février. En revanche, le conseil spécialisé a revu en baisse de 235 000 tonnes l'objectif d'exportation du blé tendre vers l'UE, du fait de débouchés moins faciles en Belgique, Royaume-Uni et Italie. Des débouchés plus ouverts en Espagne n'ont pas empêché cette révision en baisse du programme d'exportations sur l'UE au cours de la campagne. Tous ces éléments font que le conseil spécialisé a réhaussé de 160 000 tonnes le stock prévisionnel de fin de campagne pour le blé tendre.

Pour l'orge, le stock prévisionnel de fin de campagne a été relevé de 140 000 tonnes, du fait d'utilisations moins soutenues de l'Allemagne et des Pays-Bas. Le conseil spécialisé a relevé de 5 000 tonnes, de 1,8 million de tonnes à 1,85 million de tonnes, l'export français d'orge vers les pays tiers, tenant compte d'un goulot d'étranglement dans la logistisque du compétiteur canadien. Enfin le conseil a révisé en baisse de 100 000 tonnes le stock final de maïs. La cause est plus un ajustement de l'évaluation de la collecte 2013-2014 que l'effet de la demande, qui reste marquée par une forte concurrence de l'Ukraine, du Brésil et des États-Unis sur le marché espagnol entre autres.

La filière céréalière publie huit recommandations pour produire plus et mieux

LA filière céréalière publie huit recommandations pour produire plus et mieux, a-t-elle indiqué à l'issue du conseil spécialisé céréalier de FranceAgriMer, qui s'est réuni le 12 février. Ce sont les conclusions d'un travail d'environ deux ans.

La première recommandation est « produire plus avec les qualités suffisantes ». Plan d'action : la mise en place d'un plan pour élever le taux de protéines des blés au-dessus de 11,5%, par la génétique et une meilleure adaptation des doses d'engrais azotés, pour qu'elles profitent mieux à la plante.

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La deuxième recommandation, « limiter les impacts sur le milieu naturel », a pour plan d'action la diffusion plus large des outils d'aide à la décision. Seuls 1520% des céréaliculteurs y recourent.

La troisième, « investir dans la recherche génétique », propose notamment les recherches pour résister au stress hydrique. La quatrième, « encourager l'innovation », propose d'ouvrir un appel d'offre pour la recherche de technologies de pointe en équipement agricole.

La cinquième « augmenter la disponibilité en eau renouvelable pour les céréales », vise des variétés plus économes et la construction de nouvelles réserves d'eau.

La sixième, qui traite de la nécessité de tenir compte des particularités de terrain, propose des diagnostics spécifiques aux bassins de production.

La septième, « préserver la surface agricole de production », suggère la mise en place d'un système de compensation des surfaces retirées de l'agriculture. La dernière appelle à la mise en place d'un plan de communication de la filière céréalière auprès des leaders d'opinion et du grand public.