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La notoriété, un défi à relever pour le label PME +

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Le label RSE de la Feef, désormais baptisé PME +, vient de dépasser la centaine d’adhérents. Les entreprises y trouvent un moyen de valoriser leurs initiatives en matière de responsabilité sociale et environnementale auprès de leurs collaborateurs, de la société dans son ensemble mais surtout auprès des acheteurs de la grande distribution. Cette démarche est en outre systématiquement mise en avant par le Feef dans ses relations avec les distributeurs. Il reste toutefois au label à mieux se faire connaître de la grande distribution et du grand public.

Le changement de nom de la démarche Entrepreneurs + Engagés (label E +) en PME + s’est fait discrètement fin 2018, mais c’est le 12 mars que la Feef (Fédération des entreprises et des entrepreneurs de France) a choisi de présenter officiellement cette nouvelle dénomination. « PME + rassemble désormais 104 entreprises et 128 marques de PME issues de 13 régions françaises, toutes engagées dans une démarche de progrès en faveur de la RSE », explique Bruno Pelletier, responsable du dossier PME + au sein de la Feef. Le label séduit chaque année un groupe d’entreprises adhérentes de la Feef. « Actuellement, 35 entreprises ont exprimé le souhait de s’inscrire dans ce processus, poursuit Bruno Pelletier, et nous seront 140 à 150 d’ici la fin de l’année. »

La certification est ouverte à toute PME familiale ou indépendante et qui a une entité juridique qui facture et paie ses impôts en France. Elle permet de valoriser l’engagement de l’entreprise dans une démarche de progrès RSE à travers 6 piliers évalués par un organisme indépendant, Ecocert Environnement. Parmi les points clés : l’humain, l’emploi, l’environnement, l’approvisionnement et les produits. « On a bâti le référentiel sur la base de l’ISO 26000 que nous avons adapté aux spécificités des PME », souligne Isabelle Frappat, responsable du développement de PME +. Pour les entreprises qui s’engagent, il s’agit d’un processus de plusieurs mois mobilisant les collaborateurs, avec à la clé un effet fédérateur. Et des résultats rapides. En moyenne, plus de 6 points de progrès entre l’audit d’entrée et l’audit réalisé au bout d’une année, précise la Feef. La démarche a un coût pour l’entreprise : de 1 150 à 3 500 euros selon sa taille et le nombre d’unités de production puis 500 à 4 000,00 euros par an pour les frais de communication.

Côté avantages, le label change la perception qu’ont les acheteurs de l’entreprise, selon la Feef. Même s’il semble impossible de quantifier la valeur ajoutée apportée par le label PME + dans le cadre d’une négociation commerciale, les détenteurs du label témoignent d’un traitement différent. « Nous avons tous des bonnes pratiques, mais ce n’est pas toujours facile de le faire savoir car nous sommes de petites structures », explique Frédéric Lerebour, directeur des opérations du torréfacteur Lobodis. « Or, PME + permet de modifier la relation avec la grande distribution et de se projeter sur le long terme. » Pour Lucien Georgelin, fondateur de la marque éponyme, PME + permet de valoriser les relations étroites qu’il entretient avec ses fournisseurs agriculteurs proches de son usine, dans la Lot-et-Garonne. Ancien agriculteur lui-même, Lucien Georgelin a récemment lancé un ketchup à partir de tomates locales, et participe à la relance de la filière de la tomate de Marmande. « Les grandes entreprises savent bien mettre en avant les petites choses qu’elles font alors que nous faisons de grandes choses que nous ne savons pas toujours valoriser », explique de son côté Stéphane Jolit, le directeur commercial de Lucien Georgelin.

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Un logo pas toujours présent sur les emballages

La communication est en effet un des principaux enjeux de la certification PME +. Les acheteurs ne connaissent pas encore bien le label, à cause du faible nombre d’entreprises labellisées. Pour mieux le faire connaître, la Feef inclut son label dans les salons de PME qu’elle organise avec les centrales d’achat. Plusieurs salons ont déjà eu lieu avec Auchan, un salon s’est tenu avec Système U l’année dernière (une nouvelle édition est prévue en 2019) et des négociations se tiennent actuellement avec les Mousquetaires pour un premier salon avec cette enseigne au cours de cette année. Et le « volet PME + » inclus dans chacun des accords passés entre la Feef et les centrales d’achat prévoit au moins un prospectus par an consacré aux entreprises labellisées.

Du côté des consommateurs, la notoriété du label n’a pas été mesurée mais reste sans doute limitée à cause d’un nombre réduit de produits portant le label sur les emballages (faire figurer le logo sur l’emballage n’est pas obligatoire), ou d’une diffusion seulement à l’échelle régionale de certains produits. Aucune campagne de communication de grande envergure n’est donc prévue prochainement, mais la Feef investit en revanche les réseaux sociaux pour diffuser la connaissance de PME + auprès des consommateurs. En 2019, la Feef prévoit aussi que les entreprises labellisées mènent des animations, des balisages dans les rayons et des opérations de sensibilisation des consommateurs.