La Nouvelle-Aquitaine a présenté, lors d’une convention d’affaires le 7 novembre, un plan pour tendre vers le « 100 % gaz renouvelable » en 2050, objectif défini par l’Ademe en janvier dernier. Trois contrats d’injection ont été signés à cette occasion, tous portés par des groupements d’agriculteurs.
« C’est l’opportunité et le moment de décliner le scénario “100 % gaz vert” à l’échelle régionale », a déclaré Françoise Coutant, vice-présidente de la région Nouvelle-Aquitaine, chargée du climat et de la transition énergétique, le 6 novembre à la convention d’affaires du biogaz et de la méthanisation à La Rochelle. Pour l’instant, la région compte 60 installations de méthanisation en fonctionnement (hors Installations de stockage de déchets non dangereux - ISDND) : 50 % sont des projets agricoles, 30 % sont des installations industrielles.
La cogénération représente encore la majorité (58 %) des sites, mais l’injection dans le réseau est appelée à se développer et l’utilisation du biométhane dans les véhicules fait l’objet d’incitations par la région : un appel à projets intitulé « Mobilité BioGNV » est lancé en Nouvelle-Aquitaine, pour faire émerger une infrastructure de ravitaillement en BioGNV et accompagner le renouvellement des parcs de véhicules lourds pour qu’ils soient davantage adaptés au méthane-carburant.
5 000 tonnes de cultures intermédiaires
Ce cadre une fois décrit, trois contrats d’injection de biométhane dans le réseau de gaz ont été signés le 7 novembre pendant la convention d’affaires. Tous ces projets sont portés par des groupements de producteurs.
L’un d’eux, la SAS Celles sur Belle Biogaz (Deux-Sèvres), qui rassemble une quinzaine d’agriculteurs, mettra en œuvre 21 000 tonnes de matières premières diverses en provenance d’une coopérative céréalière et d’une coopérative laitière. Ces matières premières sont des fumiers de vaches, caprins, du lisier de porc, des fientes de volaille, du lactosérum provenant de la laiterie, des issues de céréales (poussière de fonds de silos, grains cassés, brins de paille), a indiqué Yacine Redifi, développeur du projet.
Quant au projet de SAS Méth’Innov, situé à Melle (Charente-Maritime), il utilisera 37 000 tonnes de matières premières : 30 000 tonnes de fumiers de vaches, chèvres et moutons, 4 000 tonnes de lisier et 3 000 tonnes d’issues de céréales.
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Le plus gros site mobilisera les matières premières de 20 apporteurs, quasiment tous les agriculteurs. La SAS Aunis Biogaz (Charente-Maritime) traitera 39 000 tonnes : 15 000 tonnes de fumiers de vaches, lapin, 15 000 tonnes de lisier de bovins, porcs, canards. Les issues de céréales représenteront 2 000 tonnes, la tonte de gazon apportée par une collectivité représentera 2 000 tonnes.
Originalité du projet : les Cive (Cultures intermédiaires à vocation énergétique (Cive) représenteront environ 5 000 tonnes, a indiqué Thierry Bouet, céréalier et président de la SAS.
60 installations de méthanisation en fonctionnement
Derrière la production de méthane, trois techniques
GRDF, distributeur de gaz naturel en France, et GRTGaz, qui possède et exploite en France le plus long réseau de transport de gaz naturel à haute pression, mettent les bouchées doubles pour atteindre l’objectif de 100 % de gaz renouvelable, a relaté Xavier Joly, président de l’association Biogaz Vallée, basée à Troyes (Aube). Derrière l’objectif, trois techniques permettent de produire du méthane : d’abord par la méthanisation. Puis par une nouvelle source, non encore développée, la pyrogazéification. Ce procédé consiste à chauffer de la biomasse, si possible des déchets, en l’absence d’oxygène, afin que les substances générées sous l’effet de la température (solides, liquides et gazeuses) ne s’enflamment pas spontanément, ce qui donne la possibilité de les valoriser dans un second temps. Le troisième étage est la méthanation, un procédé qui combine du CO2 et de l’hydrogène produit par hydrolyse de l’eau pendant les heures excédentaires de l’électricité des énergies intermittentes (éoliennes, photovoltaïque) pour donner du méthane. Ce dernier ne recourt pas à la biomasse mais participera, selon le plan des GRDF et de GRTGaz, à la production domestique française.