Avec un actionnariat renouvelé depuis quelques mois, Agriculture Stratégies (ex-Momagri) a présenté ses premiers adhérents et ses premiers projets. Sur le plan des idées, la nouvelle équipe ne conserve de l’ancienne qu’un tropisme pour les « sujets économiques et européens ».
Récemment relancé par une nouvelle équipe et un nouvel actionnariat, le cercle de réflexion Agriculture Stratégies a présenté, lors d’une conférence de presse le 19 juin, ses premiers partenaires (adhérents et experts) et ses premiers projets. Les Jeunes agriculteurs, l’enseigne Lidl, la région Bretagne et l’entreprise agroalimentaire Rians sont les premiers adhérents, auxquels il faut ajouter trois « experts associés » : Olivier Dauvers, journaliste spécialisé dans la grande distribution ; Serge Zaka, agroclimatologue ; et Arthur Portier, d’Agritel. La structure a d’ailleurs indiqué qu’elle était en recherche de nouveaux adhérents, qu’il s’agisse d’entreprises ou d’individus.
Sur le plan des idées, la nouvelle équipe se revendique « asyndicale et apolitique », avec des partenaires et experts qui « sont là dans l’intérêt général et non pour avancer leurs pions », déclare la directrice générale et associée, Alessandra Kirsch. De l’histoire de la structure autrefois connue sous le nom de Momagri, fondée par Jacques Carles avec l’appui de coopératives, Agriculture stratégie ne garde qu’un tropisme pour les « sujets économiques et européens », indique-t-elle. Cheval de bataille de l’ancienne équipe, l’aide contracyclique est désormais présentée comme un outil parmi d’autres. Déjà dans son rapport de 2022 sur la Pac, Agriculture Stratégies n’avait proposé de transformer qu’un tiers des aides Pac, contre 100 % auparavant, souligne la nouvelle directrice.
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Trois associés et trois projets
C’est donc d’une feuille blanche ou presque, que repart Agriculture stratégies. Et pour preuve, en matière d’actionnariat, les trois associés sont, depuis quelques mois, Alessandra Kirsch, l’ancien député Jean-Baptiste Moreau – qui pourrait lâcher le porte-parolat du cercle de réflexion en cas d’élection aux prochaines législatives ; et Bernard Ader, ancien vice-président de la Cogeca. Jacques Carles, le fondateur, n’est plus actionnaire.
Coté business model, trois sources de revenu sont présentées : les adhésions, les prestations de conseil ou d’animation, et le crédit d’impôt recherche. À l’issue d’un premier comité d’orientation stratégique, ce même jour, trois projets d’étude ont été validés, qui seront conduits dans des groupes de travail internes : d’ici trois mois, « repenser la création et le partage de la valeur » dans les filières agricoles ; et à plus long terme (2025, voire 2026), un travail sur « les conditions de la souveraineté alimentaire durable », ainsi que sur la future Politique agricole commune. Avec ces futurs rapports, le cercle de réflexion revendique de « proposer des solutions, pas seulement de formuler des critiques » et de fournir « une vision de long terme » à l’agriculture.