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PAI, arômes, compléments alimentaires La nouvelle frontière de l’alimentaire

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Atonie du marché des produits finis de l’industrie alimentaire ? Sans doute, mais pour qui cherche des relais de croissance et une alternative aux ventes devenues si difficiles en GMS, la tentation est forte de se lancer dans les produits alimentaires intermédiaires (PAI), qui par définition relèvent du commerce BtoB. Sur 138 milliards d’euros de chiffre d’affaires que réalisent les industries alimentaires en France, le BtoB industriel et le foodservice (RHF) pèsent 52 milliards, avance le cabinet Solving. Contrairement au BtoC dont le marché est maintenant quasiment plat (-1 à +1% au mieux) et aux débouchés à l’export devenus aléatoires, la croissance est de l’ordre de 6 à 10% sur ces deux autres circuits à peu près équivalents l’un et l’autre. Une bonne raison pour que les organisateurs du SIAL s’attachent maintenant à tenir un salon spécifique, baptisé In-Food et qui aura lieu pour la deuxième fois au CNIT au mois de mars.

Recentrage sur son cœur de métier, sous-traitance, externalisation sont les maîtres-mots qui poussent le marché des produits intermédiaires. Sous cet ensemble de composants alimentaires que vont retransformer à leur usage d’autres industriels ou des intervenants de la restauration, se situent à la fois les PAI ou produits semi-élaborés qui vont servir d’éléments à une recette, et les auxiliaires technologiques (ingrédients, additifs, arômes). La palette est donc très large et les savoir-faire sans commune mesure entre un fabricant de riz précuit ou de poudre de lactosérum et un fournisseur de ferments, d’antioxydants ou d’ingrédients santé. Le premier est un industriel de l’alimentation, souvent présent aussi sur le marché des produits finis pour le consommateur et le second est un spécialiste, un «formulateur», indépendant ou rattaché à un grand groupe chimique.

Assemblage

Les utilisateurs, même dans un contexte de croissance molle, sont de plus en plus demandeurs sur ces deux plans : cela correspond, explique Philippe Jaegy, vice-président de Solving International, à la mutation de l’industrie alimentaire vers une industrie d’assemblage qui doit rationaliser ses achats, simplifier ses flux et donner de la flexibilité à ses process pour mieux se mobiliser sur l’innovation marketing et la gestion de ses marques. De même pour le foodservice que pousse en avant le nomadisme croissant des consommateurs, et qui est contraint de reproduire des tours de main mais en simplifiant ses procédures et en réduisant ses coûts de main d’œuvre. Autres moteurs du développement, pour les ingrédients et compléments alimentaires, les attentes du consommateur en aliments-santé sur une gamme de plus en plus large de leurs achats et notamment du fait du potentiel formidable du « papy-boom » !

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Barrières à l'entrée

Cela dit, ne devient pas fournisseur de PAI qui veut, remarque Philippe Jaegy, il y a des barrières à l’entrée importantes, liées aux exigences des grands groupes utilisateurs et à la technicité requise, voire à la recherche-développement, dans certains domaines. Les PME qui sont nombreuses sur le segment des arômes et des compléments alimentaires (voir ci-après), cohabitent aussi avec une frange beaucoup plus olipolistique : dans les PAI et ingrédients, se trouvent à la fois les multinationales alimentaires (Nestlé, Unilever, Dean Foods, ConAgra…), les grands de la chimie (Du Pont, ICI, Degussa) et les multinationales spécialisées telles l’irlandais Kerry, le japonais Ajinomoto, le danois Danisco ou le néerlandais CSM. Et les PME spécialisées (Even Santé Industrie, Colarome, Nactis, Blanchard,…) sont elles-mêmes en concurrence avec d’autres aussi généralistes que Davigel, Bonduelle Foodservice, AB Technologies ou La Noix Gaillarde.