L'industrie de la nutrition animale mise sur l'export pour enrayer la baisse de ses volumes (-9,8 % en douze ans). La situation de l'élevage reste fragile en France, mais la profession a le sentiment d'avoir été entendue.
SI les produits de nutrition animale ne s'exportent pas aisément du fait des coûts de transport, la filière n'en mise pas moins sur l'international. L'export de pro-duits d'origine animale pourrait soutenir une filière qui a vu ses volumes conti-nuer à chuter en 2013. C'est en tout cas l'idée qui a été explorée à l'occasion de l'assemblée générale du Snia (syndicat national de l'industrie de la nutrition animale) le 23 mai à Paris. « Nous ne pouvons pas exporter nos produits directement mais les produits animaux peuvent être exportés. Si les exportations fonctionnent, nous serons forts sur notre marché intérieur », a affirmé Alain Guillaume, président (réélu) du Syndicat en préambule.
L'EXPORT NE DOIT PAS ÊTRE UN MARCHÉ DE DÉGAGEMENT
« Avant, l'export était un marché de dégagement. Il faut complètement changer de logique », estime Thierry Roquefeuil, président de la FNPL (Fédération nationale des producteurs de lait). Alain Stolz, président de l'entreprise éponyme (équipement), réalise plus du tiers de ses 54 millions d'euros de chiffre d'affaires en Asie. « Les Asiatiques réclament de la qualité européenne. Mais il faut avoir toujours une longueur d'avance. Déposer des brevets est contre-productif », a-t-il expliqué. Egalement présent à la table ronde, Arnaud Marion, président du directoire de Doux, a défendu la stratégie de marque du groupe, qui lui assure une position très forte (27 % de part de marché pour le poulet congelé et 47 % pour les saucisses) en Arabie Saoudite. Même des produits de nutrition animale peuvent s'exporter. « Nous vendons à l'étranger certains produits à forte valeur ajoutée. Les produits français sont bienvenus en Chine. Si nous n'avions compté que sur le marché français, nous ne serions plus là », a indiqué François Loubère, directeur général de Biomar en France et en Espagne (alimentation aquacole). Pour réussir en Chine, Thomas Pavie, attaché agricole à l'ambassade de France, a conseillé d'engager des actions de coopération technique, des partenariats avec des entreprises chinoises, et travailler collectivement sur les agréments.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
LA FILIÈRE PORCINE ET L'ŒUF EN CRISE
En 2013, l'industrie de la nutrition animale (privée et coopérative) a produit 21,1 millions de tonnes, en retrait de 0,3 %. Depuis 2001, les volumes ont baissé de 9,8 %. La situation diffère selon les filières. Dans le porc, la production d'aliments a chuté de 3,6 %, soit un retrait de 200 000 tonnes (total : 5,3 millions de tonnes). L'alimentation pour bovins (4,6 millions de tonnes) progresse de 1,3 % et la volaille (8,6 millions de tonnes) reste globalement stable (avec un fort recul de la dinde, - 12,1 %, et une forte progression de l'alimentation pour pondeuses ,+8,4 %, liée à une situation de surproduction d'œufs).
Lors de son intervention, Alain Guillaume s'est réjoui de la prise de conscience des pouvoirs publics sur la crise que traverse l'élevage (écotaxe, PAC, procédure d'enregistrement pour l'élevage porcin…). « L'œuf est encore dans le gouffre, la menace plane toujours sur le poulet, la dinde et le porc », a-t-il commenté, tout en estimant que la bonne santé des marchés mondiaux doit constituer un relais de croissance pour les filières animales.