Quel succès ! La Commission européenne a reçu plus de 175 000 réponses à la consultation sur « la modernisation et la simplification de la Pac », qui sera clôturée le 2 mai. Le débat va maintenant monter en puissance, au moment même où un des pays de l’Union se prépare à quitter cette politique, en principe dans moins de deux ans, et où, dans un autre État membre, l’un des deux derniers candidats en lice pour l’élection présidentielle veut s’en débarrasser, avec tout le reste. Abandonner la Pac en sortant de l’UE soulève bien évidemment un sérieux problème de soutien financier, y compris d’ailleurs pour le budget européen ainsi privé d’une contribution nationale. Mais les ambitions du Brexit et d’un éventuel « Frexit » sont diamétralement opposées. Pour le premier, l’objectif est de multiplier les accords commerciaux en une sorte de mondialisation bilatérale qui, au demeurant, ne peut qu’inquiéter les agriculteurs. Pour le second, au contraire, il s’agit de se replier sur ses frontières. Le protectionnisme, un autre président, déjà élu, en a fait l’un de ses étendards. Donald Trump a cependant du mal à passer des paroles aux actes. Pour l’instant, la politique commerciale de Washington est « très incertaine, instable », a pu constater sur place la commissaire européenne Cecilia Malmström. Son collègue chargé de l’agriculture, Phil Hogan, affirme même que « la politique commerciale protectionniste des États-Unis est une formidable opportunité pour l’UE », qui va ainsi pouvoir négocier plus aisément l’ouverture de nouveaux marchés. Un développement des exportations qui, selon lui, soutiendra la Pac post-2020. Cette politique, toutefois, a aussi besoin d’une véritable simplification et de remparts crédibles contre la volatilité pour être encore bien acceptée par ceux dont elle est censée soutenir l’activité et le revenu.
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