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Jeunes agriculteurs « La Pac n’appartient pas aux agriculteurs mais aux contribuables »

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Faire de la Pac, une politique « vendable » auprès des citoyens avec le souci de la « justifier » pour le contribuable. Tel est l’objectif du syndicat Jeunes agriculteurs (JA) dans le contexte des choix français dans le cadre du bilan de santé. « La Pac n’appartient pas aux agriculteurs mais aux contribuables », a rappelé le président des JA, William Villeneuve lors de ses vœux, le 8 janvier. Il plaide pour la prise en compte de l’actif dans l’évolution du soutien agricole.

Le bilan de santé de la Pac doit être l’occasion d’un « contrat gagnant-gagnant » qui s’inscrit dans l’après-2013, soulignent les Jeunes agriculteurs. Dans ce contexte, le syndicat propose de « réorienter des aides sur l’herbe, les protéines végétales et les ovins afin de compenser les écarts de compétitivité entre les productions ». « Il faut s’occuper de l’herbe, explique Bruno Ledru, vice-président des JA. C’est une grande production économique en France ». Face aux propositions d’Orama qui prône « un découplage total aboutissant à une aide unique à l’hectare », le syndicat jeune se dit « gêné ». « On ne parle pas d’actifs. On ne raisonne pas par rapport aux spécificités des productions,souligne Bruno Ledru. Le problème de la justification des soutiens de la Pac par rapport au contribuable n’est pas résolu ».

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Pas « vendable »

William Villeneuve, le président des Jeunes agriculteurs, va plus loin. Il craint « un agrandissement des exploitations agricoles et la fin de la répartition des productions sur l’ensemble du territoire ». En résumé, la proposition d’Orama ne serait pas « vendable » auprès du citoyen, expliquent les JA. L’idée qu’ils défendent est un soutien à l’herbe d’environ 150 euros/ha avec une prise en compte de l’actif dans la détermination du calcul assorti d’un plafonnement et d’une « majoration » pour les premiers hectares. « Il faut éviter une course à l’agrandissement », préviennent les Jeunes agriculteurs. Même logique pour le plan protéines défendu par le ministre Michel Barnier, dont le soutien espéré est évalué entre 150 et 200 euros à l’hectare par les JA. Ce bilan de santé ne doit pas « s’arrêter à un simple rééquilibrage ». C’est pourquoi, les JA proposent d’amorcer « une nouvelle gestion des marchés agricoles grâce à la contractualisation sur l’alimentation animale qui constitue un « véritable enjeu pour l’avenir de nos filières ». Réponse au plus tard le 15 février.