Selon une récente analyse technico-économique du CTIFL de Bretagne et de la station d’expérimentation de Terre d’Essais (22) la production de la patate douce en France intéresse de plus en plus d’acteurs. « Désormais, ajoute l’étude, 72 % des détaillants proposent de la patate douce dans leurs rayons mais la production française n’est présente au mieux que chez 40 % d’entre eux ». L’import occupe une place prédominante sur le marché français « faute d’une production nationale suffisante et compétitive. » Les importations européennes ont quasiment doublé entre 2014 et 2018. Cette tendance s’est également observée en France puisque les volumes importés ont triplé entre 2014 et 2017. Le constat est le même en bio. « La balance commerciale de la patate douce AB et conventionnelle est largement déficitaire en France », souligne Thomas Deslandes du CTIFL de Bretagne.
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La filière du bio est confrontée à des contraintes technico-économiques. Bruno Jurrus, 57 ans, possède 20 ha en patates douces biologiques, à Montmeyran (Drôme). C’est grâce aux conseils d’un grossiste qu’il fait ses premières plantations en 2014 sur un 1 ha et cherche à se diversifier. L’Earl Mont-Bio de Bruno Jurrus a investi dans une calibreuse et compte acquérir des frigos pour stocker ses produits pendant quatre à cinq mois et ainsi mieux écouler sa production. Cette exploitation en maraîchage bio de 40 ha tire le plus gros de son chiffre d’affaires dans cette culture mais reconnaît des contraintes importantes : « La mise en place d’une parcelle est onéreuse avec l’achat des plants, du plastique biodégradable et le système de goutte à goutte. Le désherbage se fait à la main. Le nombre d’heures est élevé ».