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Épizootie > La peste aviaire prend le monde en tenaille

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Deux épidémies de la peste du poulet touchent la planète simultanément, en Asie et aux Etats-Unis. Si d'aucuns espèrent en tirer quelques bénéfices économiques, la psychose gagne les populations. Et certains craignent qu’un « syndrome vache folle » l’emporte chez les consommateurs.

A chaque jour ses nouveaux cas. On le sait maintenant : la souche du virus de la peste aviaire aux Etats-Unis n’est pas la même qu’en Asie. Maigre consolation. Face aux menaces que cette maladie et ses variantes font peser sur l’Europe, les ministres de la Santé des Quinze devaient faire un point à Bruxelles, le 12 février. La préoccupation des ministres devait être de savoir quelles mesures il faudrait adopter si la maladie se transmettait à l’homme.

Déjà, les mesures d’embargo sur les volailles thaïlandaises ont été prises et prolongées jusqu’au mois d’août. Aucune décision de ce type n’a été prise à l’encontre des produits américains. Les spéculations sur l’impact de la peste aviaire pour l’économie européenne vont bon train. Certains espèrent tirer leur épingle du jeu : le malheur des uns ferait le bonheur des autres…

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« Les grands gagnants seront les Brésiliens »

Les marchés allemand, britannique et néerlandais, très consommateurs de volailles thaïlandaises, ouvriraient-ils leurs portes plus largement aux poulets français ? C’est en tout cas ce qu’espère le directeur des relations extérieures de la société Doux, Françis Ranc : ces pays « vont sans doute se tourner vers les Français ou les Brésiliens», se félicite-t-il. Ou les Brésiliens, justement… Le p.-d.g. de la filiale volailles de Coopagri Bretagne, Gilles Drean, le craint : « Les grands gagnants seront les Brésiliens ». Selon lui, « une augmentation des exportations françaises ne serait due qu’à une incapacité des Brésiliens à combler les besoins du marché ». Et Dylan Chevalier, spécialiste avicole à la Chambre d’agriculture des pays de Loire le confirme : « Je ne suis pas sûr que les industries transformatrices d'Allemagne et du Royaume-Uni accepteront de payer plus cher leurs importations de poulet. Le Brésil va augmenter ses exportations ».

Syndrome vache folle

Mais il y a plus grave. « Nous craignons un impact négatif pour l'image du poulet. A chaque fois qu'il y a une crise, les consommateurs s'éloignent de tout ce qui ressemble à du poulet, volailles fermières en premier », redoute Gilles Drean. Mesures d’embargo, traçabilité… Toutes les mesures mises en œuvre par les producteurs ne suffiraient pas à rassurer les consommateurs qui ont maintenant le « syndrome vache folle » dès qu’un soupçon de risque existe. Cela dit, il reste difficile de présumer de l’attitude des consommateurs. D’autant que l’incertitude règne sur l’ampleur de l’épidémie, en Asie et en Chine surtout.