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La peste porcine africaine surgit en Belgique

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La peste porcine africaine (PPA) a été diagnostiquée à la mi-septembre dans la région d’Étalle (Belgique), non loin de la frontière française, sur cinq sangliers sauvages. « Un renforcement immédiat des mesures de biosécurité » a été décidé dans les Ardennes, la Meuse, la Meurthe-et-Moselle et la Moselle.

« Les autorités sanitaires belges ont confirmé ce jour l’infection par le virus de la PPA de deux sangliers sauvages dans la commune d’Étalle, située à une dizaine de kilomètres de la France », a annoncé le ministère de l’Agriculture dans un communiqué du 13 septembre. Trois autres sangliers, trouvés morts en état de décomposition avancée, ont également été victimes de la maladie, a confirmé, le 17 septembre, le ministère. Six pays, dont la Chine et la Corée du Sud, ont suspendu leurs importations de viande de porc de Belgique, a indiqué le lendemain la Fédération belge de la viande (Febev).

Stéphane Travert, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, « a demandé immédiatement aux préfets des Ardennes, de la Meuse, de la Moselle et de la Meurthe-et-Moselle de mettre en place le plan d’action renforcé spécifique à cette maladie ». Il a exigé « que des mesures de zonage, de restrictions de certaines activités comme la chasse et de surveillance renforcée des élevages et de la faune sauvage soient mises en place dans 4 départements frontaliers avec la Belgique. » Une zone d’observation renforcée (critère de surveillance relatif à la mortalité des porcins de 2 animaux morts par semaine) a été instaurée dans 133 communes des Ardennes, de la Meuse et de la Meurthe-et-Moselle.

Des conséquences « inestimables » (Guillaume Roué)

La confirmation de la présence du virus en Belgique « constitue une progression inédite de la maladie qui exige une réponse à la hauteur des enjeux économiques considérables pour les filières agroalimentaires françaises », insiste le ministre. Même sentiment d’urgence chez Guillaume Roué, président de l’interprofession porcine (Inaporc), le 17 septembre. « Les conséquences d’une contagion sont inestimables. En effet, les portes de l’exportation fermeront immédiatement. La vigilance de tous s’impose et, demain, la seule solution sera de trouver une solution coordonnée à l’OIE (Office international des épizooties) pour que la régionalisation soit la règle du jeu ».

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« À ce stade, aucune hypothèse n’est avancée quant à l’origine de ces cas, sachant que les cas de PPA les plus proches en Europe se situent à plusieurs centaines de kilomètres », indique la plateforme française d’épidémio-surveillance en santé animale (ESA). « La PPA peut se transmettre à moyenne et longue distance (plusieurs centaines à plusieurs milliers de kilomètres), en particulier via des aliments à base de porcs ou de sangliers infectés », précise ESA. « Originaire d’Afrique », la PPA « est une maladie strictement animale qui ne touche que les suidés (porcs et sangliers), chez lesquels elle entraîne de fortes mortalités », « de l’ordre de 80 % », indique le ministère. « Elle ne présente aucun danger pour l’homme mais elle constitue une menace majeure pour les élevages de porcs français. Il n’existe ni vaccin, ni traitement contre cette affection. »

Une mortalité de 80 % chez les suidés

La Pologne, « véritable réservoir viral »

La lutte contre la peste porcine africaine (PPA) en Pologne est un « échec », a déclaré Jean-Louis Büer, conseiller agricole à l’ambassade de France à Varsovie, le 14 septembre au Space. La maladie, « apparue en 2014, s’est emballée à l’été 2017, surtout dans les petits élevages de l’est du pays ». La sensibilisation des éleveurs n’a vraiment démarré que « fin 2016-début 2017 ». À ce jour, 207 cas de PPA ont été recensés en élevages et plus de 2 000 dans le milieu sauvage. Le foyer le plus à l’ouest se trouve à 380 km de la frontière avec l’Allemagne, laquelle « coopère étroitement avec la Pologne » et conduit des « battues cynégétiques intenses ». En Pologne, « les mesures de biosécurité sont bien appliquées uniquement dans les grands élevages » alors que les « petits élevages » et les « sangliers » constituent un « véritable réservoir viral ». « La Pologne aura du mal à contenir la propagation du virus, même si celle-ci ralentit », estime Jean-Louis Büer ; elle « n’a pas les moyens de contrôler tous les élevages ». En revanche, le ministre polonais de l’agriculture nommé en juillet 2018, Jan Krzysztof Ardanowski, éleveur de porcs de profession, semble « plus sensible » à l’épizootie que son prédécesseur, Krzysztof Jurgiel. Les chasseurs polonais peuvent bénéficier de 5 jours de congés payés pour traquer le sanglier, payé 50 € pièce – une somme conséquente au regard du salaire moyen : 1 000 €.