Abonné

Légumes « La pire crise que l’on ait connue »

- - 3 min

« » : c’est Angélique Delahaye, présidente de la fédération des producteurs de légumes (FNPL) qui faisait ce constat devant la presse le 7 septembre. Elle comptait ferme sur des mesures qui devaient, semble-t-il, être annoncées le lendemain après des réunions interministérielles, dont la réunion du conseil des ministres. Des mesures d’aide à la trésorerie étaient particulièrement attendues dans un premier temps. Au 9 septembre, ces mesures se faisaient encore attendre.

Quelques jours avant, le ministre de l’Agriculture Hervé Gaymard avait assuré à Angélique Delahaye de sa collaboration pour régler la crise des producteurs de légumes. Lui aussi semblait convaincu qu’il faut intervenir et un communiqué publié par le ministère le 3 septembre semblait prometteur. Cependant, la FNPL a également déposé un dossier auprès du ministre qui tient, actuellement, les cordons de la bourse de l’Etat, Nicolas Sarkozy.

Prise en charge d’intérets

Sans vouloir évaluer l’enveloppe globale nécessaire, la FNPL compte sur des prises en charge d’intérêts de prêts pour les plus endettés et sur des prêts à 0% pour ceux qui peuvent encore faire jouer le crédit pour s’en sortir. Dans un contexte de prix très bas et de problèmes de débouchés, les producteurs souffrent de la concurrence européenne en ce qui concerne les charges salariales et énergétiques. Ils demandent une compensation estimée à 4 euros par heure de travail salarié et une exonération totale des taxes sur l’énergie. Pour ceux qui utilisent le fioul, la hausse récente est en effet extrêmement pénalisante. Angélique Delahaye expliquait que, pour les légumes de plein champs, la charge à l’hectare de l’énergie était passée de 1 500 francs à 4 000 francs en 3 ans.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

La Réunion
Suivi
Suivre

Rabais, remises, ristournes

La présidente des légumiers adresse, dans ce contexte, des vifs reproches à la grande distribution. Selon elle, l’accord de juin dernier n’a débouché sur rien en ce qui concerne les « trois R » : Rabais, remises, ristournes. « Il est inacceptable de voir que ces trois R doivent financer la centralisation des achats des grandes surfaces. C’est comme si je demandais à mon fournisseur d’emballages de payer mes emballages », lance Angélique Delahaye. « Pourtant, on a fait un geste, en acceptant un assouplissement sur les conditions de publicité en radio et presse locale», fait-elle remarquer avant d’expliquer que les producteurs surveilleront bien s’il y a des dérives.

Les producteurs de légumes devaient d’ailleurs rencontrer la fédération des grandes surfaces (FCD) pour évoquer ces relations le 8 septembre. Que feront les producteurs, cependant, si des mesures publiques ne sont pas décidées, et si la grande distribution n’assouplit pas sa position ? C’est la base qui décidera, affirme Angélique Delahaye.