La plupart des productions de fruits et légumes d’été sont en baisse cette année en France, indique une note d’Interfel, sur les perspectives de récoltes de fruits et légumes frais en 2008.
La récolte de tomates, produit phare des fruits et légumes d’été, est attendue à 580 000 tonnes, un recul de 1% par rapport à 2007 et de 5% par rapport à la moyenne quinquennale. La principale raison en est un recul des surfaces ces dernières années, après plusieurs campagnes de prix bas du fait d’importations en hausse constante depuis la début de la décennie.
Pêches et abricots pénalisés par le gel
La récolte française de pêche-nectarines est annoncée en recul de 20% par rapport à 2007 et de 29% par rapport à la moyenne 2002-2006, en raison du gel et d’une baisse des surfaces, selon la note d’Interfel, l’interprofession des fruits et légumes frais. La récolte européenne est annoncée inférieure de 6% à celle de 2007.
Celle d’abricots, encore plus pénalisée par le gel, est prévue en chute de 33% par rapport à 2007 et de 48% par rapport à la moyenne quinquennale. Cela, avec une récolte européenne estimée en baisse de 9% par rapport au faible niveau de 2007 et en retrait de 19% par rapport à la moyenne 2002-2006.
La récolte de cerise est estimée par le Service de la statistique et de la prospective (SSP) du ministère de l’Agriculture en baisse de 9% par rapport à la faible récolte de 2007 et de 27% par rapport à la moyenne quinquennale, cite Interfel.
Poire : la plus faible récolte depuis dix ans
Pour la poire, c’est à « la plus faible récolte depuis au moins dix ans » qu’il faut s’attendre. Le tableau est plutôt sombre : avec 157 000 tonnes annoncées, « la production 2008 de poire de table est annoncée très déficitaire, en dessous du niveau déjà faible de 2007 (-22%) et inférieure de 28% à la moyenne 2003-2007 ». Ceci résulte « à la fois de la baisse des surfaces (-10% par rapport à 2007 et -18% par rapport à la moyenne 2003-2007) et d’une production sévèrement amputée par le gel, des chutes physiologiques et d’importantes pluies ». Seul le melon progresse, avec une hausse des volumes de 4% par rapport à la moyenne 2003-2007.
Pour la prune, la récolte est prévue « modeste dans toutes les régions de production » : moins de 40% du potentiel de reine-claude dorée dans le Sud-Ouest ; 30-40% du potentiel en mirabelle, 50-60% en prunes bleues, 70-80% en quetsche dans la région Est. « Ces faibles rendements permettront toutefois de commercialiser de plus gros calibres », précise la note.
Des prix plus élevés qu’en 2007
Cette baisse quasi générale des productions de fruits et légumes d’été explique en grande partie la hausse des prix par rapport à l’an dernier, selon l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques). L’institut fait état d’une hausse de l’indice des prix des fruits et légumes de 17,9% en juin par rapport à juin 2007 et de 11,1% en glissement annuel, c’est-à-dire sur un an de juin 2207 à juin 2008.
« Les dégâts causés par le gel et les pluies, ainsi que la réduction du verger de pêches expliquent la faiblesse des arrivages de pêches et d’abricots et la hausse des cours », de 23,8% pour les pêches et de 53,6% pour les abricots, en glissement annuel. « Il en est de même du melon (+ 21,2%, toujours en glissement annuel de juin à juin) et de la tomate (+13,9%), dont les arrivages, notamment à l’importation, sont plus faibles que les précédentes années », poursuit l’Insee.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Le 31 juillet, Interfel a établi une tendance de la semaine 30 (du 21 juillet). Voici les prix moyens, relevés par le Service des nouvelles des marchés, cités par Interfel, pour la pêche, l’abricot, la tomate et le melon :
– Pêche jaune A-AA France : 2,68 euros le kilo. Évolution 2008 /moyenne 2005/07 sur cette semaine : +13,9%.
– Abricot variétés communes France 45-50 mm : 4,43 euros le kilo. Évolution : +51%.
– Tomate ronde grappe vrac France : 2,11 euros le kilo. Évolution : +4,8%.
– Melon charentais jaune 550-800 grammes : 1,58 euro /pièce. Évolution : - 2,7%.
Le marché du melon : course pour rattraper le retard de l’offre
La toute récente baisse des cours du melon montre à quel point l’évolution du marché est rapide. Le marché du melon a été tendu jusqu’à la mi-juillet. Il a d’abord été sous-approvisionné en juin sous l’effet d’un retard de production en France et d’arrivages limités en provenance du Maroc et d’Espagne, partiellement compensé en deuxième quinzaine, indique Interfel. Puis la demande s’est avivée avec l’arrivée d’une météo estivale. Les cours se sont donc maintenus à un niveau élevé. La progression des volumes est restée limitée en première quinzaine de juillet dans le Sud-Est, avec des cours soutenus.
Ce n’est qu’au lendemain du 14 juillet que la production s’est développée avec la montée en puissance du Sud-Est et du Centre-Ouest. L’offre française a plus que doublé entre la première et la seconde quinzaine de juillet, atteignant 5 000 tonnes/jour.