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Réactions « La politique de François Hollande manque de clarté », selon la Conf’

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Lors d’une conférence au Space le 12 septembre, la Confédération paysanne a dénoncé le manque de vision politique dans les différentes mesures annoncées par François Hollande pour aider le secteur agricole.

Si la Confédération paysanne a retenu plusieurs engagements « intéressants » dans le discours de François Hollande au Space de Rennes le 11 septembre, le syndicat a tout de même regretté le manque d’orientation de la politique agricole française, lors d’une conférence de presse qui s’est tenue le lendemain. « Nous n’avons pas entendu de choix clairs sur le type d’agriculture vers lequel la France devait s’orienter », a confié Philippe Collin, porte-parole de la Confédération paysanne. C’est notamment la frilosité des dirigeants à négocier au niveau européen qui agace au sein du syndicat. « Que ce soit sur les droits de plantation ou sur les agrocarburants, des avancées ont pu se faire car des paysans, des citoyens, ont dit : ce truc est une catastrophe ». « Contrairement à ce que nous disent Hollande et Le Foll, rien n’est gravé dans le marbre, rien n’est figé », défend Philippe Collin.

Politique de soutien à l’élevage

Pour Gérard Durand, secrétaire national à la Confédération paysanne, la politique agricole française devrait se concentrer sur l’avenir de la filière animale. « Quel type d’agriculture est la mieux adaptée pour produire plus : la ferme des 1 000 vaches ou des exploitations à taille humaine avec de nombreux emplois ? », s’interroge-t-il. Et les différentes orientations avancées par Stéphane Le Foll et François Hollande sont loin de résoudre les difficultés que rencontrent les éleveurs. « Pour combattre la flambée des matières premières, on reprend les mêmes vieilles recettes : allègement de charges sociales, compensation des coûts par de nouveaux emprunts, fonds de solidarité de l’AGPB et de l’AGPM (Association générale des producteurs de blé et de maïs) », décrit Gérard Durand. Des mesures qui ne permettront pas d’enrayer la perte continue d’exploitations bovines en France, estime-t-on au sein du syndicat. « Il faut que les producteurs aient des perspectives de rémunération pour qu’ils continuent à faire du lait et de la viande », avance Gérard Durand. C’est dans ce sens que la Confédération paysanne propose de créer une Prime au maintien des troupeaux ruminants (PMTR).

Un contrat-cadre national

Gérard Durand a également regretté le manque d’avancées et de propositions sur la contractualisation laitière. Non seulement la Confédération paysanne milite encore pour un maintien de quotas laitiers européens, mais elle envisage le cas échéant la mise en place d’un contrat-cadre pour l’ensemble des producteurs du territoire, et non plus par laiterie. « Les éleveurs ont toujours été traités sur un pied d’égalité. Avec les contrats, ils n’auront pas les mêmes droits selon leur laiterie », dénonce Gérard Durand. La Confédération paysanne s’est d’ailleurs à plusieurs reprises prononcée pour la mise en place d’organisations de producteurs par bassin laitier, et non par laiterie, afin de gommer cette « atomisation du pouvoir de négociation ». Les représentants syndicaux présents à cette conférence sont également revenus sur la situation de Doux, notamment Jean Cabaret, porte-parole régional du syndicat : « Nous ne sommes pas sortis de la crise, d’autres entreprises productrices de volaille sont dans le rouge, comme UKL », alerte-t-il. La France doit donc partir à la « reconquête de la valeur ajoutée et s’orienter sur la production de qualité », a-t-il insisté.

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