Forts mécontentements au congrès de la FNO à Beaune (Côtes d’Or). Les éleveurs d’ovins accusent le ministère de l’agriculture de « casser, à cause des DPU, la récente dynamique de relance ovine ». Le récent dépistage systématique de la maladie de la tremblante a également suscité de vives critiques. Le conseiller technique de Dominique Bussereau, Christophe Malvezin, aura visiblement déçu bon nombre d’éleveurs par les réponses qu’il était censé apporter.
Les éleveurs ovins ne sont pas contents et l’ont fait savoir. Réunis au congrès de la Fédération nationale ovine (FNO) les 19 et 20 mars à Beaune (Côtes d’Or), ils n’ont pas hésité à critiquer vivement le ministère de l’agriculture, par l’intermédiaire de son représentant, Christophe Malvezin. Largement sifflé tout au long de son intervention, le conseiller technique de Dominique Bussereau aura déçu par ses propos. « Nous sommes très mécontents de ce que nous avons entendu» n’a pas caché Bernard Martin, le président de la FNO, à l’issue du discours ministériel.
Tensions sur les DPU
« L’agneau, moi j’y crois plus du tout » a lancé un éleveur dans l’assemblée, pour parodier le slogan de la filière « L’agneau, on y croit !». Les éleveurs accusent notamment le ministère de « casser la récente dynamique de relance de la production ovine avec la mise en place des DPU». « Les augmentations de cheptel réalisées entre 2004 et 2006 ne sont pas prises en compte dans le calcul des nouveaux droits à paiements uniques, basés sur les années 2000 à 2002 » a expliqué Bernard Martin. Pourtant Christophe Malvezin a promis à Beaune un aménagement sur le dispositif initial prévu par la Pac. « Dominique Bussereau a décidé de retirer le critère portant sur l’augmentation de 20 % des aides entre la période de référence et 2004 » a-t-il assuré. En dessous de ces 20 %, un éleveur qui avait vu son cheptel augmenter entre 2002 et 2004 ne pouvait pas bénéficié d’une revalorisation en conséquence de ses DPU. Mais pour la FNO, « cette ouverture » comme la qualifie Bernard Martin n’est pas suffisante : « il faut aller jusqu’à 2006 et non 2004 !».
Le dépistage de la tremblante critiqué
Autre sujet de mécontentements pour les éleveurs : le récent dépistage systématique de la tremblante dans les abattoirs. Depuis le 20 mars, le ministère impose que tous les ovins de réforme, d’un âge supérieur à 18 mois, abattus dans les abattoirs français sans exception fassent l’objet d’un dépistage systématique de la tremblante en remplacement du test sur échantillonnage en vigueur jusqu’ici. « Ce dispositif a été mis en place suite à la détection sur deux brebis françaises d’un prion atypique de l’ESB ainsi que la découverte d’un premier cas d’ESB sur une chèvre française » a expliqué Christophe Malvezin. « Le ministère a pu mettre 40 millions d’euros sans problème pour financer ce système, alors qu’il ne rentre même pas dans les exigences européennes et que son utilité n’est pas prouvé si l’on en croit les experts » a martelé Bernard Martin. « Nous mettons progressivement en place dans nos élevages une génétique permettant d’éradiquer la tremblante. Il faut nous laisser le temps avant d’envisager de nouvelles mesures et d’éradiquer une partie du troupeau en cas de test positif sur une bête» a lancé de son côté un éleveur.
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Ours : la FNO devrait porter plainte contre l’Etat
Le dossier sur les prédateurs a également suscité de vifs mécontentements chez les congressistes. « L’introduction de 5 ours slovènes dans les Pyrénées n’est absolument pas légale» a lancé Bernard Martin en tribune. « Nous envisageons d’ailleurs de porter plainte contre les pouvoirs publics pour non respect des lois en vigueur en France et pour mauvais traitement, dû aux transports, des ours qui seront introduits » a-t-il ajouté. Concernant les loups, Bernard Martin souhaite « une régulation de la population qui a beaucoup augmenté ces derniers temps, mais de manière organisée ». « Il faut que les éleveurs puissent tirer sur les loups, mais de manière réglementée» a-t-il proposé. « Tout éleveur ayant contractualisé et mis en place des mesures de protection, bénéficiera d’un droit de tir avec des munitions de calibre 8 ou supérieur. L’autorisation de tir de défense sera donnée dès la seconde étape » a déclaré en réponse, Christophe Malvezin. « Cela sera de toutes façons difficilement réalisable sur le terrain, quand on voit le sort que la justice réserve aux éleveurs qui se défendent » a indiqué Bernard Martin, regrettant le déchaînement des passions que suscitent ces problématiques sur le terrain.
Enfin, Christophe Malvezin a confirmé que le plan bâtiments « sera conforté » et inscrit dans la programmation 2007-2013, répondant à une demande de la FNO sur l’avenir de cette mesure, qui « fait toujours autant recette » selon Bernard Martin.