Abonné

La pratique de l'agriculture régénératrice doit passer à l'échelle

- - 4 min
Présentation du projet d'agriculture rénégérative Lower Silesia 360°, lors du Sia. Crédits : © Perrine Delfortrie

Lower Silesia 360°, un projet pilote d’agriculture régénératrice lancé en Pologne par EIT Food, a été présenté lors du Sia par les groupes participants. 

La pratique de l’agriculture régénérative n’est pas une option, c’est un besoin et toute la question aujourd’hui porte plutôt sur la capacité à massifier ces pratiques au sein d’un territoire. C’est dans cet esprit qu’a été officiellement lancé le projet EIT Food Lower Silesia 360°, fin octobre 2025 dans le sud-ouest de la Pologne. Ce projet de transformation déployé à l’échelle du paysage accompagne quelques 200 agriculteurs sur plus de 20 000 hectares de terres agricoles consacrées à quatre grandes cultures : le colza, le blé, l'orge brassicole et la betterave sucrière. Lancé sur trois ans dans le cadre du Portefeuille d'innovations régénératrices, (collaboration écosystémique initiée par le Food Innovation Hub Europe du Forum économique mondial) Lower Silesia 360° est cofinancé à hauteur de 2,4 M€ par EIT Food, Bunge, PepsiCo, Viking Malt et Malteurop, avec le soutien du Centre de conseil agricole de Basse-Silésie à Wrocław. « En associant les entreprises acheteuses aux actions menées par les agriculteurs, ce paysage vise à améliorer la santé des sols et la biodiversité, à renforcer la séquestration du carbone et à garantir la viabilité à long terme des exploitations agricoles », explique EIT Food dans son communiqué de lancement. L’objectif du projet vise à créer un modèle reproductible et évolutif qui pourrait être appliqué dans toute l’Europe.

Lire aussi Carbone Farmers veut se déployer en Europe

Lors du Sia 2026, des représentants des groupes participants au projet, à savoir Camille Balourdet (Malteurop), Cameron Davis (EIT Food), Lucas Didier (Biosphères), Claire Lagier (Seqana), Nicolas Priou (Bunge) et Guillaume Vial (MyEasyFarm) étaient invités à échanger sur le sujet de l'agriculture régénérative Si « Malteurop n’a pas attendu ce projet pour parler régénération, nous voulons ici construire ensemble un plan d’action autour de la biodiversité, de la santé des sols… , et avec les agriculteurs qui ne doivent pas le voir comme une énième contrainte », estime Camille Balourdet. « Connecter les agriculteurs aux acteurs de la chaine de valeur permet de les embarquer plus facilement et plus massivement pour réussir le passage à l’échelle, parce que nous n’y arriverons pas seuls », a de son côté insisté Nicolas Priou. Même son de cloche pour Lucas Didier qui a aussi rappelé qu’au-delà de l’agro régénération, il fallait penser retour sur investissement (ROI). « Plutôt que de parler uniquement de carbone, comme c’est habituellement le cas, parler biodiversité, santé des sols, mais aussi eau et air résonne auprès des agriculteurs. Et le retour économique est indispensable pour les embarquer », explique ce dernier. Les gains issus de la mise en place de nouvelles pratiques agricole seront quantifiés via un système MRV robuste développé en partenariat avec MyEasyFarm, Seqana et Biosphères.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Lire aussi : Louis Delelis-Fanien (CEO) : « La pollinisation optimisée, comme le fait Ubees, devient un vrai enjeu en agriculture » 

Avant la publication du rapport final du projet en 2029, des points d’étapes sont prévus tous les ans pour éclairer de futurs projets vers une agriculture régénératrice pérenne en Europe, notamment en Irlande et en France, toujours en partenariat avec des agro-industriels. Un premier projet, Navarra 360°, bâti sur le même concept que celui en Pologne, a été lancé en 2024 en Espagne par EIT Food, avec l’appui notamment d’Alpro, Cargill, Danone Ecosystems, Intermalta