La forte croissance de la demande et la faible diminution de l’offre ont provoqué une hausse record des prix laitiers mondiaux en 2007. Et à long terme, la croissance de la population et des revenus au niveau mondial continuera à exercer une pression à la hausse sur les prix des produits laitiers, pronostique l’institut américain Food & agriculture policy research. Dans les échanges mondiaux, la part relative de l’Europe est appelée à diminuer au profit de l’Argentine et du Brésil, prévoit l’institut.
L’institut de recherche Food and agricultural policy research vient de publier une étude qui fait le point sur les marchés des produits laitiers dans le monde pour les dix années à venir. Il donne ainsi un aperçu des marchés du fromage, du beurre, de la poudre de lait (sa production et sa consommation sont détaillées dans de nombreux pays).
Dans ses conclusions, l’institut estime que la forte croissance de la demande et la faible diminution de l’offre ont provoqué une hausse record des prix des produits laitiers mondiaux en 2007. Et à long terme, la croissance de la population et des revenus au niveau mondial continueront à exercer une pression à la hausse sur les prix des produits laitiers. L’Australie, la Nouvelle-Zélande et l’UE resteront les grands pays exportateurs. Mais comme la production et les stocks de l’UE vont stagner, l’Argentine et le Brésil étendront leurs exportations laitières.
De plus en plus de beurre, mais recul de l’Europe
Le niveau élevé des prix de l’alimentation animale, la forte demande globale et la croissance limitée de l’offre dans les principaux pays exportateurs ont fait grimper les prix du beurre, du fromage et de la poudre de respectivement 68,5 %, 50 % et 90,6 % en 2007, rappelle l’institut. Ces niveaux record ont encouragé de nombreux pays à accroître leur production, un phénomène qui va se croiser avec une croissance de la population et des revenus probable au niveau mondial. Trois zones, la Nouvelle-Zélande, l’Union européenne et l’Australie vont demeurer en tête des principaux exportateurs de beurre, assurant à terme 90 % du commerce mondial. Mais alors que la Nouvelle-Zélande et l’Australie accroissent leurs exportations, celles de l’Union européenne ont tendance à stagner. Le Brésil accroit sa production laitière et dégage des surplus exportables de beurre. L’Inde, avec une demande intérieure qui augmente, accroît aussi sa production et concourt à 88 % de la croissance mondiale de celle de beurre. Ses exportations atteindront un niveau record puis fléchiront à mesure que le marché intérieur captera une plus grande part de sa production.
Importatrice de gros volumes, la Russie augmente et sa production et sa consommation, mais cette dernière croît plus rapidement sur toute la période.
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L’Asie est promise à une croissance régulière de sa consommation à la faveur de l’augmentation de sa population et de l’évolution de ses modes de vie, en particulier la Chine. Les importations de la Chine et de la Corée réunies augmenteraient ainsi de 62 %, celles de l’Egypte de 3 % et celles du Mexique resteraient stables.
Redistribution des cartes en fromages
S’agissant du fromage, la production des Etats-Unis et de l’Europe augmenterait de 22 %, ces deux pays assurant à eux seuls 64 % de la croissance mondiale. L’UE, du fait de l’évolution de ses quotas laitiers, aura une production laitière de plus de 142 milliards de tonnes. Une plus grande part ira à la production fromagère au détriment de la production de beurre et de poudre et la croissance dépasserait les 16 % pour les fromages tandis que le beurre et la poudre seraient en repli. Les prix de ces derniers resteraient au-dessus du prix d’intervention mais avec néanmoins une tendance à la baisse.
L’Australie augmentera sa production fromagère de 3 % l’an, la Nouvelle-Zélande de 2,5 %. L’importance de la demande conduirait à une croissance de 25 % des échanges mondiaux de fromages mais avec des exportations stagnantes en provenance de l’UE à cause d’une forte demande intérieure, la Nouvelle-Zélande et l’Australie gagneront 2 points de part de marché pour atteindre une part cumulée de 42,9 % à terme. L’Argentine et l’Ukraine prendront de l’importance assurant à terme 13 % des exportations à elles deux. La Russie et le Japon, déjà très fortement importateurs puisqu’ils absorbent 41 % du total des importations mondiales, verront cette part augmenter encore. Le développement économique et démographique de l’Asie les conduira à accroître de 5,6 % l’an leur demande de fromages. La demande du Mexique augmenterait, elle, de plus de 26 % d’ici dix ans.