La baisse la production nationale d'agneaux (-2,9% d'agneaux abattus en 2013) et des importations de viande ovine (-3,5% téc) se poursuit, entraînant la consommation française à la baisse (-3% téc) par manque de disponibilités, constate l'Institut de l'élevage.
FIN 2013, le cheptel français de brebis et d'agnelles saillies a continué de diminuer (-2% par rapport à 2012), à 5,353 millions de têtes, observe l'Institut de l'élevage. Grevée par le manque d'attractivité économique (coûts de production élevés ces dernières années, concurrence des céréales) et sociétale (temps de travail, astreinte...), la filière voit le cheptel se réduire chaque année (6,88 millions de têtes en 1995).
Géographiquement, la baisse du cheptel est particulièrement marquée dans le bassin allaitant (-6% en Poitou-Charentes en 2013, - 7% en Limousin, - 5% en Auvergne), moins dans les zones d'élevage extensif, comme la région Paca, plus épargnées par les augmentations des prix des matières premières.
Des outils d'abattage sous tension« Ce sont 100 000 agneaux de moins qui ont été abattus en 2013, explique Marie Carlier, analyste économique de la filière ovine pour l'Institut de l'élevage. Cette baisse pèse sur les outils d'abattage. Au second trimestre 2013, les abatteurs étaient en recherche d'agneaux pour faire tourner les outils, et ont tiré les prix vers le haut face au manque de disponibilités. »
Résultat, les prix pour les éleveurs n'ont jamais été aussi bons qu'au second semestre 2013. Fin décembre, France Agrimer annonçait des prix records sur le marché de l'agneau à 6,54 euros le kilo de carcasse. En mars, le cours se maintient à un niveau élevé de 6,24 euros le kilo. « Habituellement il y avait un creux après Pâques dans la cotation de l'agneau. En 2013, il n'y en a quasiment pas eu », observe Marie Carlier.
Les prix élevés pourraient aider la filière française à maintenir son cheptel en 2014. France AgriMer prévoit un ralentissement de la baisse de production française d'agneaux (-0,6%, en têtes) pour 2014. Les professionnels craignent surtout que le manque de disponibilité de l'agneau en magasin n'aggrave la baisse de la consommation, et n'entraine la filière dans un cercle vicieux.
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L'année 2013 a été catastrophique en Océanie et dans les îles britanniques. Les Néozélandais victimes d'une sécheresse avaient dû exporter énormément de viande d'agneau, notamment vers la Grande-Bretagne, qui connaissait également une forte hausse de production. Résultat, les Britanniques ont cassé les prix sur le marché français où ils sont traditionnellement exportateurs. Ce n'est qu'après Pâques que les cours du marché français se sont redressés.
Pour 2014, le climat semble plus propice à des cours soutenus. La Nouvelle-Zélande n'a pas connu de difficulté climatique. Elle dispose de moins de cheptel que l'année dernière à cause de la sécheresse 2013, et continue d'orienter ses exports vers l'Asie. La Grande-Bretagne, qui représente presque la moitié des importations françaises, prévoit une production en baisse pour le premier semestre 2014.
L 'UNION de coopératives de l'Ouest, Ter'élevage, a présenté, dans un communiqué du 20 mars, un plan de développement de sa filière ovine de 650 000 euros qui doit permettre une augmentation de l'activité de 30 000 agneaux sur les cinq prochaines années.
En 2013, Ter'élevage a commercialisé 108 000 ovins, en baisse par rapport à 2013 « suite à l'effet conjugué d'une faible prolificité de début d'année ainsi qu'à la cessation de production de plusieurs troupeaux, faute de projets de reprises viables et d'une concurrence foncière très forte qui a rendu difficile l'installation de nouveaux éleveurs ». Ce plan de relance se décline en trois actions : un appui technico-économique pour augmenter la productivité numérique de 0,2 agneau par brebis, le financement de la formation de 20 futurs exploitants, la sécurisation du revenu des éleveurs.